mercredi 10 décembre 2008

La faille / 1ere réflexion du scénario "Cours après moi"

« La faille » de Boris Diéval.

Titre provisoire

Développement écrit



Aussi loin que je me souvienne, toi et moi on a grandit comme 2 copains imaginaires ; d’intenses moments de doutes, d’espoirs et d’abandon qui, avec le temps s’effilent pour ne plus tenir qu’à un fil.

Je me plais à croire que tu aurais pu être à mes côtés les jours de mes premières fois, premiers échecs, premier choix…Le jour de « la » première fois. J’imagine que quelques mots de ta bouche m’auraient sans doute aidé à comprendre les méandres de l’esprit torturé des autres qui fatalement attiraient mon amour. Finalement, c’est en plongeant au cœur de secret que seul mon corps devait connaitre que j’allai chercher quelques semblants de réponses …

Quelque chose me manquait, et d’une façon ou d’une autre, il fallait que je comble le vide.

Etrangement je me suis toujours tenu éloigné d’un certain cliché de l’adolescent perturbé ; Ceux qui se plaisent à mettre leurs corps à l’épreuve, la preuve par l’autodestruction qu’ils sont bien là, vivant dans un monde qui relève d’une illusion dégoûtante.



Maman est toujours debout, comme un rempart qui fait face à l’histoire, elle s’abîme, mais tient bon. Je n’ai jamais pu concevoir de me protéger derrière, j’ai fait mon chemin, je suis parti en quête d’indice. La croisade fut rude et éprouvante, au final rien ne semblait justifier l’ennui qui s’était installé si profondément en moi. J’ai bien tenté de trouver dans l’amitié un refuge réconfortant, mais le poids de mes espérances vouait chaque tentative à l’échec.

Une passion pour la musique m’a assurément apporté quelques précisions sur cette nature que j’avais tant de mal à saisir, je trouvais dans certaines paroles la parfaite illustration de toutes mes frustrations, de cet écoulement du temps qui me prenait à la gorge, et serrait de plus en plus fort, dans l’attente d’un point fixe m’éloignant tant que possible du chaos.

Voila où j’en suis ce soir. La colère remonte parfois sans explication, une éruption angoissée de toutes mes incertitudes, mais plus encore de mes certitudes. Tu n’es plus là. Reste l’hiver tristement rude et humide comme seul compagnon.



Ce soir je sais pourquoi une coulée de colère brulante m’arrache le corps. Les picotements du désinfectant que l’infirmier applique sur ma blessure au crane ne sont rien à côté de cette faille en moi. Je me sens comme écartelé, aspiré par un avenir incertain, arrimé malgré moi au passé.

Je suis assis sur un vieux lit à roulette d’hôpital placé au centre de la pièce. La salle de soins baigne dans une lumière aseptisée, les yeux plissés, mon crane est comme serré dans un étau. Mon tee shirt à l’effigie de l’un de mes groupes favoris est maculé de crasse et de quelques gouttes de sang, il est arraché vers le bas, mon jean est trempé, de mon sac à dos dépasse une bouteille d’alcool et d’autres affaires propres négligemment entassées. L’infirmier me tend une compresse pour m’essuyer le sang qui avait ruisselé sur ma joue, il m’indique le miroir sur le mur du fond au dessus d’un évier. Je reste silencieux, la compresse dans la main, le regard plongé à l’intérieur. Il me secoue le bras et m’aide à poser le pied à terre. Une remontée fulgurante de vapeur d’alcool me fait tanguer dans ses bras. Sans trop tarder je me ressaisi et lui fait comprendre que ça va aller. Un pied devant l’autre, j’avance vers le miroir et surprend mon regard hébété, le sang séché, le pansement sur ma blessure au crane est déjà tout imprégné. Quelque chose dans cette image me fascine. J’ai l’air mal, comme si pour une fois le dedans et le dehors se mettaient d’accord pour se ressembler…L’infirmier m’envoie une salve de question faussement intéressé ; âge, identité, contact des parents, il finit son offensive par la raison de mon état. Les pompiers m’ont amené ici, coma éthylique…j’en suis à peine sorti. Je ne suis pas habitué à l’alcool, moins encore à cette étrange fuite de mon propre poids, ni à l’exaltation de mon imagination presque créative. L’infirmier vient de quitter la pièce, inquiet de mon mutisme, il a dégoté mon porte feuille de la pochette avant du sac et semble satisfait de trouver quelques précieuses informations à mon sujet. Mon attention est fixée sur l’entaille de ma chaire, le pansement ôté, j’étale le sang sur mon visage dans un geste créatif, comme un camouflage de soldat, les pupilles toutes dilatées, le sourire bêtement anesthésié au coin des lèvres, l’équilibre de plus en plus malmené. Le tableau est pathétique, une larme s’incruste au coin de l’œil et se mêle au dessin d’un jeune garçon pommé, j’ai bien tenté de retenir toute les suivantes, en vain…la fuite s’est imposée comme la seule issue possible.


J’essais tant que possible de garder le cap sur la sortie que je distingue au bout d’un long couloir entravé d’obstacles. Le temps est comme décomposé en séquence, certain espace temps sont zappés par ma perception…je vois l’infirmier parler au téléphone, je lui reprends ma carte d’identité d’entre ses doigts et dans mon sillon s’envolent quelques feuilles de papier. Le reflexe de l’avoir récupérer comme un objet précieux dérobé reste un mystère, l’air frais de la rue se charge de dissoudre toutes questions liées à cet acte manqué et commence ma déambulations nocturne, rythmée par l’agressivité des enseignes lumineuses et le flux des gens qui croisent ma route.


C’est curieux comme les oubliés de la vie vivent la nuit…comment l’obscurité les enveloppe pour mieux les garder avec elle. Evidemment ma naïveté ne trouve rien de surprenant à l’existence de cette légion d’horreur, là où elle se trouve malmenée c’est la vitesse avec laquelle ce monde obscur drape mon propre corps. Je suis une partie d’eux même alors qu’hier encore je reprenais le bus après les cours pour rentrer dans cet appartement appelé maison.

Les trottoirs encombrés de poubelle dégueulant les restes de la semaine, les visages fermés, les regards suspicieux, cet odeurs de souffre, cette brume inquiétante, ces vapeurs d’alcool et la crasse qui l’entoure. Dans ces moments là, je me sens assez désespéré pour trouver la force de m’appliquer à toucher le fond. C’est une révélation, une nouvelle vision pour moi, d’où vient ce désir secret d’oubli…je passe inaperçu, sauf pour les poubelles que je renverse sur mon passage. Ma bouteille est finie, je ne sens plus le gout des choses, l’air n’a plus d’odeur…Un son résonne dans ma tête, une sirène qui devient un grondement puis un larsen percé par le silence soudain qui s’installe dans la périphérie du centre ville. Un parc perdu, une fontaine, de l’eau…le reflet de mon visage, puis la fraicheur qui me ramène dans cette réalité oubliée. Ma blessure me pique. Il est temps de me poser.


Progressivement, j’entends à nouveau mon souffle, le bruit de mon cœur, les frémissements de ma peau sous les pulsions d’un rythme cardiaque emballé. Le ciel est dégagé, la lune se charge de susciter d’étrange forme parmi les arbres, un léger vent bruisse dans les buissons, cet arrangement de la nature incite mes yeux à se fermer. Il y a tant de chose que l’on peut voir les yeux fermés. Une mélodie arrive jusqu’à moi d’abord sous la forme d’un chant des feuilles repris par le pincement doux et gracieux de corde. C’est une guitare entre les mains d’un génie. Une voix frêle dépose quelques murmures, quelque chose se passe en moi, et je ne peux y rester indifférent. A quelques mètres, une charrette de fortune accrochée à une mobylette, elle même rattaché par une chaine en fer à un banc, sur ce banc, quelques couvertures enrobent un homme d’une quarantaine d’année qui joue de la guitare.

Mes pas me conduisent jusqu'à lui, sans dire un mot, je m’assied à terre face au banc et l’écoute longuement. De temps en temps son regard croise le mien, je vois bien que mon allure le préoccupe, mais rien n’interrompt ce moment suspendu, comme si j’étais le spectateur le plus intrigant d’une carrière secrète…celui qu’il fallait sauver. La chanson se termine, il se lève, sors de son sac une trousse de toilette et s’approche de moi. Instinctivement j’esquive son geste pourtant désintéressé de nettoyer ma plaie, j’entends le son de sa voix me dire qu’il vaudrait mieux mettre un pansement…et le laisse faire. Son attitude me met tout de suite en confiance, rien de faux, rien de forcé, juste une attention. Un long silence s’installe après ce premier contact. Je réalise progressivement l’état de la situation. Moi, lui…le reste du monde qui continue de tourner dans la plus grande indifférence totale. Il reprend sa guitare, me regarde en esquissant un sourire et commence à gratter les premières notes de ce groupe dont je porte les couleurs. « Vas y chante ». Cette phrase m’a soudainement fait sursauter, une connexion s’installe entre son regard et le mien, comme si il me demander de l’embrasser et que je trouvais débile de ne pas lui retourner cette attention à mon égard. Je commence à bafouiller les premiers mots avant de trouver le juste ton. Un tel échange ne m’était jamais arrivé, comme si cette rencontre ne pouvait pas ne pas avoir lieu. Il s’appelle Marc. Je me présente à lui ; Alix.

En moins de temps qu’il n’en a fallu pour venir jusqu'à lui, je connais déjà son histoire. Prof de français, il vit dans la rue depuis quelques mois après avoir tout perdu suite à son divorce, un plongeon violent dans un monde nouveau qu’il n’aurait jamais pu concevoir. La vie ne tient qu’à un fil, d’une minute à l’autre tout peu basculer, tout va trop vite me dit-il en substance…Moi je lui raconte que je me suis disputé avec mes parents et reste flou sur ma véritable histoire. Un silence s’installe et avant même qu’il ne devienne malaise, un homme bondit depuis un arbuste situé derrière le banc, puis deux autres tout aussi essoufflés ; l’un deux nous averti qu’une descente est en cours…Marc s’active mais reste calme, cette situation lui semble familière, il range sa guitare dans son étui, balance les couvertures dans sa charrette et m’invite prestement à y monter. Le temps presse, je me laisse emporter par cette sensation d’un mystérieux danger, et m’accroche à sa taille derrière la mobylette qui trace dans l’herbe du parc un sillon humide et boueux.

Les lampadaires défilent sous mes yeux, les artères se rétrécissent, la lumière baisse, on quitte le centre, pas le tissus urbain. La tête posée sur son épaule, je n’ai aucune idée de notre destination et m’en fou complètement. L’alcool participe à cet autre voyage qui se déroule dans ma tête, j’ai pris la peine de mettre mes écouteurs et laisse le hasard réaliser un étrange clip psychédélique entre nausée et trace de lumière. Je sens soudainement les roues se bloquer, plusieurs barrières entravent la route. Des dizaines de passants errent en scrutant le lointain. On voit des têtes se démarquer sur le côté, essayant tant que possible d’allonger leurs cous pour mieux observer l’horizon. Un chantier de démolition est en cours, un immeuble branlant rend ses derniers souffles dans un vacarme d’explosion et un amas de poussière qui m’encercle et m’isole sans que je m’en rende compte. J’ai été capté par ce spectacle de destruction dés la première détonation, la peau de mon visage soufflé par des particules de poussière, les yeux scintillant devant les arcs explosifs, la bouche presqu’entrouverte...je me sens apaisé. Les autres ont perdu en opacité ce que l’air gagnait en matière grise, il ne reste plus que moi perdu dans un nuage, suspendu parmi d’autres particules. J’avance progressivement dans cette dimension nouvelle mais rien ne m’apparait, toujours ce brouillard mystique…Plus un bruit, juste le sifflement de mes oreilles. Aucune présence. Aucun repère.


Une goute d’eau rappelle à mon corps le sentiment d’une réalité tactile, mes pas me conduisent sous une véritable averse qui dissipe le nuage dans des reflets rouges et bleus. Quelque chose se brise sous mes pieds, du verre…j’approche doucement d’une borne incendie qui crache un puissant jet dans le ciel, elle semble avoir été heurté par quelque chose, quelques mètres plus loin, une voiture retournée sur le toit, encastrée contre un piquet dégage une épaisse fumée...J’avance vers ce qui m’apparait comme étant la reconstitution d’une scène, quelque chose de familier rode dans l’atmosphère. Un enfant, comme abandonné par le reste du monde, se tient assis près d’un corps immobile sur le bitume, un pompier sorti de nulle part vient l’arracher à sa solitude, deux autres hommes équipés d’une civière s’occupe du père. Malgré les premiers soins appliqués, le corps lourd et désarticulé du blessé reste sans réponse...L’enfant suit la civière jusqu'à l’intérieur du véhicule qui éblouit de rouge et bleu l’ensemble de la rue, ma plaie au visage semble se déchirer, pour la première fois la douleur de ma blessure est insupportable, le pompier me laisse me joindre aux autres avant de refermer la porte sur nous trois. Le petit garçon doit avoir 12 ans, jamais nos regards ne se croisent, quelques reflets et phares de voitures révèlent par moment certaines expressions, un geste…une main délicate qui se pose sur le corps comme pour en deviner la textures, l’enfant et ses petits doigts disparaissent furtivement sous une ombre…puis reviennent. Nous venons d’arrivé à l’hôpital, les portes se rouvrent dans la précipitation, le corps du blessé plane sous les néons irradiants des couloirs enfonçant plusieurs portes battantes, celui de l’enfant juste derrière prend une autre direction, En suivant le cortège, mon regard se perd au travers d’une porte qui donne sur une salle de soin… Je m’y vois suis assis sur un vieux lit à roulette d’hôpital placé au centre de la pièce dans la même lumière aseptisée.


L’infirmier me tend une compresse pour m’essuyer le sang qui avait ruisselé sur ma joue, il m’indique le miroir sur le mur du fond au dessus d’un évier. Je reste silencieux, la compresse dans la main, le regard plongé à l’intérieur…quelque chose me manque, un trou dans mon estomac se creuse…la résurgence de ce souvenir est sans appelle.


A l’avant de la voiture, ma mère reste silencieuse. A ses côtés, je sens de la fatigue, de l’agacement et de l’empathie jusque dans sa façon de conduire…attentive à éviter toutes éventuelles secousses. Pourtant je ne reconnais pas le trajet pour rentrer à l’appartement, mais bien celui qui mène au cimetière de la ville. C’est l’un des moments d’une vie où nul mot n’a sa place, comme si un langage secret s’installait et risquait d’être brisé par l’intellect. La voiture s’arrête sur le côté, ma mère me donne un plan dessiné à la main pour trouver l’emplacement de mon père…j’en sors seul. Je traverse de longues allées grises et fleurie en suivant les flèches du plan.

C’est la première fois que mes pieds me porte si près de lui depuis tout ce temps. La tombe est sobre, entretenue, à vrai dire elle se ressemble toute. Je ne ressens rien, je veux dire pas ce vertige émotionnel qu’on aurait pu imaginer dans ce type de situation…je ne pense qu’à une chose, un geste qui relève d’un automatisme inconscient. Ma main sort de ma poche arrière ma pièce d’identité, je la place contre la pierre sur laquelle est gravée son nom, mon nom…et fait demi tour.

N'oublie rien

Je devrais continuer de travailler sur ces stupides montages de fin d’années. Aussi stupides soient ils, c’est sans doute grâce a eux si de Thaïlande je pourrais pousser jusqu’au Vietnam, Cambodge, Laos…Malaisie, Singapour. A l’évidence j’ai la tête déjà là bas, et je pense que mon entourage doit le sentir. Je pense à toi culture, à nos rendez vous manqués, par manque d’attention, à ma mère et mes frères que j’essaie de voir le plus souvent possible et qui s’inquiètent subitement sans nouvelles depuis 5 jours…Il faut dire que je n’avais sans doute jamais été aussi présent à la maison depuis…oulala…trop longtemps. J’ai le cœur qui s'effrite quand je laisse ma mère seule avec mes frères dans cette maison en devenir. Le besoin d’autorité paternelle est tellement évident que je me surprend à vouloir jouer ce rôle quand rien ne va (c'est-à-dire souvent…). Mais à quoi bon se prendre au jeu si la comédie doit se terminer dans 15 jours là ou il faudrait être présent au quotidien. Je vois mon petit frère Hugo changer, se révolter, se rebeller (adolescence ou mauvaise influence…), manquer de respect à ma mère, qui continue de donner sa santé et ses sourires contre vents et marées. Je vois Benjamin prendre un nouveau chemin dans sa vie, et Simon stagner au fin fond d’un immobilisme qui l’oppose à tout ce que la vie a de changement perpétuelle.


Je revois les mois de septembre et d’octobre comme une véritable épreuve, je n’ai aucune honte a reconnaitre ce qui m’est arrivé, et aussi lourd soit le poids de ce mot, pour l’avoir toujours hais, c’est bien d’une dépression dont je sors. Des kilog perdus, le sommeil impossible, le cœur qui bat tellement fort la nuit…la sensation d’être moche, lourd et inutile. Je repense à mon père, je me dis que j’ai sans doute suivi ses pas avec 30 ans d’avance. Je revois son visage vide de sens, rempli de doute, et je repense à moi…A ce retour du club med’, à ce choc que j’ai subis de plein fouet, comme fauché par un TGV. Plus de maison, plus de travail, 3000 questions qui klaxonnent embouteillées dans ma tête, la pression qui dégouline des gens que j’aime, que j’ai peur de décevoir dans les choix que j’avais engagés plusieurs mois auparavant…ma vision de la vie, du bonheur, de la liberté a été secouée ça oui !

Il m’a fallu beaucoup de force pour retrouver toute l’assurance qui m'habitait avant ce retour. Pourquoi c’est arrivé ?

Je me pose toujours la question, même si au moment où j’écris ces mots, ça me parait évident qu’après 28 ans d’existence je connaisse ce moment de doute sur l’avenir et tout ce qu’on nous force a mettre dedans. (la stabilité, la situation, la sécurité…)

Finalement être moi-même, c’est être tout ce que ne sont pas les autres aujourd’hui et qui a l’air tellement rassurant, tellement simple, presque géométrique dans son caractère évident. La rigueur d’un carré n’a jamais été mon espace d’émancipation, je me suis construit en me diluant, l’image d’une goute d’encre dans un verre d’eau me plait. Serrer mes amis dans mes bras comme des petites copines, ne jamais savoir quelle heure il est, perdre tout, ne pas penser à tout...J’ai peur d’avoir trop de chose, j’imagine ma liberté se résumant à un lit et de la musique, juste de quoi mettre dans un sac si une porte s’ouvre et courir assez vite avant qu’elle ne se referme. Est-ce vraiment moi ce que j’écris, ou simplement ce que je ressens au regard de ma situation…avant un départ rempli de certitude, d’intuition et de défi.


J’ouvre seulement les yeux sur des phénomènes étranges. Par exemple, je me suis aperçu ces derniers jours que je n'empruntais plus le même chemin pour descendre en ville, avant le club, je passais toujours par l’avenue de liège, et à chaque fois que j’arrivais sous le derniers lampadaires de la rue Colart Creste, j’attendais avec délectation le moment où il se mettrait a clignoter…convaincu que mon énergie influençait le rayonnement de la lampe. Désormais je descend la rue et ne passe jamais plus devant l’éléphant bleue. Et le plus drôle c’est que le premier lampadaire de cette même rue (qui n’est plus la mienne) se met lui aussi a scintiller quand je passe en dessous…Mes vérues ont également disparues.

Je me dis « n’oublie pas de pas laisser ta langue entre tes dents quand tu pogotes en concert, n’oublie pas ce riff de guitare et cette attitude d’un chanteur de rock que j’adore, n’oublie pas la sensation de réveil après un film qui t’as enrobé, n’oublie pas de bien ranger ta carte bleue et ton passeport, de pas perdre le bracelet a ton poignée droit, le gout du caramel… »


Je me dis plein de chose et je préfère pas penser au retour…car il est loin, car il est incertain, car je ne pourrais trouver de réponse à ce problème qu’une fois confronté a cette situation nouvelle. Cette fois ci, je saurais écouter les signes que mon corps m'envoies, comme il l’a fait en Aril…mai…et juin.


mercredi 5 novembre 2008

NIN (juste parceque "you get me closer to god")

You give the reason, you give me control, I give you my purity, my purity you stole.


Comment commencer ce qu'on appréhende comme un nouveau chapitre, une page qu'on tourne et une nouvelle sur laquelle on s'apprête a écrire autant de connerie...mais d'un autre temps, voir bientôt d'un autre espace. Je rentre d'un mois d'exil d'une politique personnel imposé par le hasard comme une évidence, une urgence, une nécessite. En fait nan, y'a pas de hasard, je me suis battu pour réaliser mon 1er film, battu pour décrocher cette résidence en corse...et j'ai gagné. Logique que je sois parti le montrer loin, logique que j'ai pu fouler les montagnes et parler avec la mer pendant 1 mois.

J'ai eu le temps de faire un tour à la cave, d'y trouver une trappe qui donne sur un tunnel plus profond encore pour finir par me perdre dans une grotte toute noire, juste éclairée par la lumière de mon écran de téléphone portable, un peu insouciant comme expédition...

Je me souviens, étudiant, j'étais passionné par les 1er films d'Oliver Stone, j'ai retenu une phrase depuis toutes ces années « C'est dans l'obscurité que l'œil commence à voir ».

Je confirme. J'ai trouvé en moi une faille, qui était d'ailleurs le titre du texte que j'ai écris pour postuler à la résidence, j'avais sans doute besoin de remuer le fond de la fosse pour m'assurer que ça n'arrive pas plus tard dans un autre grand moment de fragilité (là je pense à mon père par exemple). J'y ai découvert plein de chose que je pensais réglée, c'est fou la mémoire, l'inconscient, les traces que peuvent laissées des expériences vécues...

Dire que tout est classé comme à la suite d'une enquête méticuleuse serait vraiment présomptueux, néanmoins on intervient avec beaucoup plus de facilité sur une faille quand on sait où elle se trouve.

Je pensais qu'elle venait de toi la bas...et de moi ici. En fait non, j'aurais du écouter avec plus d'attention tous ses signes que mon corps m'a donné alors que tu étais encore avec moi...c'est incroyable de se dire qu'un changement (disons bouleversement avec du recul) de situation professionnelle et sociale est d'abord appréhender par le corps avant même l'esprit et l'intellect ne s'en inquiètent. Je sais que je suis très sensible à plein de chose, et plus encore maintenant...mais j'ai toujours eu la conviction que mes choix étaient les bons, pourquoi alors je me suis senti si loin de moi ?

Ça doit avoir un lien avec la peur, la pression du monde qui nous entoure et de sa fameuse « normalité », tout cette frayeur qu'on nous vend pour mieux nous posséder...la crise financière, un dérèglement à l'échelle mondiale qui touche à tous les domaines, alors pourquoi prendre un risque dans ces conditions alors que l'on peut très bien être heureux comme tout le monde le semble autour de moi. Mais si je suis pas tout le monde...

Je peux dire que j'ai retrouvé la lumière dans mes yeux, et d'ailleurs c'est les autres qui me le disent, je peux dire que je remonte de la cave plus fort, sans doute moins insouciant car vraiment j'aurais pu me planter là bas juste avec un portable pour m'éclairer, y'a des gros trous qu'on voit pas forcement...et d'autre que j'ai su éviter et que j'éviterai une fois remonter la haut.

mercredi 17 septembre 2008

step forward.

J’en reviens toujours au même point. Pourquoi tout ce que je comprends me triture, la réponse est évidement dans la question... Pourquoi, en sachant que c’est la vie, et que de toute façon on y peut rien, je m’évertue a trop y penser. C’est un manque de quoi ? De confiance, d’amour…le calme qui règne ici sans toi s’impose comme un rempart de mes propres conflits. Je les vois dessiné comme des graffitis, je les saisi parfaitement dans leurs formes, leurs couleurs, leur dynamique. C’est ça l’éternel yoyo de la vie, ça t’envoie toujours en arrière dés qu’il est arrivé en haut. J’étais presqu’en haut, et là, j’ai la tête qui tourne en redescendant…waow, j’ai tout ça à régler. Le dad, l’avenir, le ciné, la Thailande, TOI, qui prends son élan comme un athlète aux JO. Tu fonces, d’ici, je le sens. Moi j’avance, mais tout ça l’un sans l’autre. Est-ce au destin de nous dire si on était fait l’un pour l’autre, a défaut de n’avoir aucune autre réponse a apporter…
Moi je suis champion olympique des questions, en même temps force est de constater que ma situation actuelle est unique, et qu’il me faut du temps pour l’appréhender, la contraindre a mes désirs, la plier à ma volonté. J’arrête pas de me dire que si je me lance seul, j’ai peur de me retourner et de pas te voir. Pourtant toi tu te lances sans te poser cette question…sans doute sans même chercher de réponse. T’as tout compris, crois moi.

mercredi 10 septembre 2008

encore une fois......................;

secondairement je me dis que rien ne devrait me faire pleurer. Pourtant il est trop tard, j'aimerais ne pas être faible. Mais seul on se sent désarmé, tout le monde dorT, sauf l'esprit. Même si ce jeu doit me couter la solitude...
Qu'il en soit ainsi je ne peux rien donner pour l'inutiles...Rien a foutre de leurs excuses, j'ai mal et ça fait mal.

samedi 23 août 2008

29 aout.

Dernière semaine. Waow, ça passe vraiment différemment le temps dans un monde aussi parallèle. Impatient de retrouver une vie plus quotidienne, même si je mets déjà en place un plan qui m’en éloignera bien plus que le club med. J’aimerai trop te lire, n’as-tu plus rien a me dire, c’est ce qui m’effraie le plus je crois, ou est-ce simplement secret…Un je t’aime n’a rien d’un secret. J’espère le lire bientôt.
Plus de 2 mois viennent de se dérouler sans toi, incroyable, c’est fou comme le temps est relatif, pour toi, d’ici 10 jours tu fêteras ton 1er mois. Ça devrait me rassurer, la vie est un flux que rien n’arrête…si ce n’est le corps qui refuse de se plier a cette force sacrée. On dit du sacré que c’est tout ce qui contrôle l’homme d’autant plus qu’il croit le contrôler. Secondairement il s’agit des catastrophes naturelles, des maladies, mais c’est avant tout le corps, réceptacle de mes émotions qui est le maître à bord. Ce d’une vraie dualité dont il s’agit et d’un vrai combat. Je me dis que la sagesse vient avec le temps, et que je suis encore loin d’être sage assez pour trouver un terrain d’entente entre les 2 parties qui s’opposent. L’esprit est volatile, il peut aisément surpasser la réalité, la poésie n’est jamais très éloigné dans ce genre d’évasion. Le corps reste, le corps plante le décor, il sue, suinte, jouit et sécrète toute sorte de malaise. Je veux trouver l’équilibre qui m’apportera le bonheur et la sérénité. Je pense souvent au bouddhisme sans savoir pourquoi, comme une intuition, mon voyage en Thaïlande pourrait alors je l’espère m’apporter le remède de se résidus paternel. Les yeux, le visage, l’humour…je prends, l’angoisse permanente je te la laisse.
Un gamin m’a laissé un mot d’adieu des plus troublant « Bonne continuation pour ton apprentissage »…mon esprit a continuer sa phrase en ajoutant « …de la vie ». A l’évidence je suis en plein dedans, dans cet écoulement d’inattendu, de déception, de rencontre improbable, de certitudes qui vacillent.
J’avance, seul, d’une certaine façon je l’ai toujours fait. Peut être pour toi est-ce la 1er fois que tu le fais, j’aimerai tellement en avoir un peu plus, suis-je trop curieux, trop gourmant, trop amoureux…Si l’amour se mesurait, on pourrait facilement le diminuer comme une dose médicinale lorsqu’elle provoque des effets secondaires désagréables…si l’amour se mesurait, ça deviendrait surtout vite un joyeux bordel. Est-ce que j’ai besoin d’être contrôlé par une force intérieur qui d’une certaine façon fait des choix que mon esprit peut transformer en apprentissage si il prend le bon chemin…J’en sais rien, je me sens emporté par l’Isère dans l’un de ses rapides, essayant tant que possible de sortir la tête de l’eau pour m’assurer que les autres sont toujours derrière.

lundi 18 août 2008

Waow da mougnouuuu




Ça y est, j’y suis. Ou ça me diriez vous avec un air déconcerté ?...La tête sous l’eau, mais sans boire la tasse. Le visage piqué par le froid, les yeux grands ouverts sur un fond troublé et incertain. Le plus dure dans l’apesanteur (un motif qui m’obsède) c’est de trouver la bonne position, un équilibre bancal sans point de repère…je sais ça parait non seulement géométriquement infaisable mais aussi hyper abstrait. Le truc est que traduire un sentiment n’a jamais était une chose évidente, surtout quand gamin on détestait les théorèmes de mathématique. Je me souviendrai a jamais du nom de ma prof de math au collège…md Sequi. On peut se demander qui était cette madame au nom si révélateur, à vrai dire je m’en tape, elle a sans doute joué un rôle décisif dans l’orientation de ma vie. C’est grâce a elle si je suis parti en littéraire...
Donc je suis là, au seuil d’une inattendue nouvelle phase de vie. Je pensais avoir tourné une grande page avec ma pierre précieuse et en entamer une nouvelle avec un amour qui a déboulé dans ma vie comme une avalanche. Mais nos choix respectifs nous imposent à l’un et l’autre de vivre séparément.
Autant dire que ça a assez mal commencé, pour devenir un véritable combat contre moi-même. C’est vraiment de ça dont il s’agit, comme si deux personnages vivaient a l’intérieur de moi et que l’un deux essai de m’emporter vers le fond.
Depuis ma première chute sentimentale, disons plongeon…je vie avec une certaine rudesse ma relation avec cet autre qui une fois attaché, mais du temps a retrouver une distance « normal » avec le sujet qui l’obsède. Cette nuit, je lui ai cassé les couilles avec un sociologue, René Girard, a chaque fois que l’objet de mon obsession revenait m’empêcher de dormir, je lui lisais un nouveau passage de « La violence et le sacré ». Y’a tout de même fallu que je m’y reprenne a 5 fois avant d’avoir raison de lui et de passer une nuit de sommeil normal.
Autant dire qu’il faut que j’accepte qu’une transition s’impose et qu’il me faut le saisir avec la même précision qu’une navette qui pénètre la couche d’ozone…l’idée étant d’atterrir sain et sauf.
C’est marrant comme beaucoup de chose peuvent s’expliquer en si peu de temps, mais pire comme peu de chose peuvent rester un éternel mystère. Quand on est dos au mur, y’a qu’une façon d’avancer, c’est de reculer et de réfléchir au chemin le plus adéquat.
C’est ce que je fais. J’en dirais plus une fois sure d’avoir choisi le bon.

vendredi 30 mai 2008

Another fuck in ze world.

ça pourrait s'appeler "le dernier des connards" avec en guest star un test de grossesse et une pauvre lampe de chevet façon la redoute (pire qu'Ikéa dans le genre préfabriqué pour chien d'aveugle !).
Rien n'a de sens dans cette phrase, sans doute est-ce parce que je suis à nouveau à la recherche d'un signe, d'un panneau...Je dois imperturbablement être destiné à l'errance dans un labyrinthe de mystère sur la nature profonde de l'homme, pardon de l'HOMME.
Je trouverai pas le sommeil cette nuit, cette nuit sera hantée par des détails; la quête de ce qui fait le plus mal, l'obstination à savoir qu'est ce qui était mieux, pire, différent...Les hommes doivent être comme ça. En tout cas moi je suis différent, là où la colère et la haine devraient s'installer comme pour rétablir l'ordre du monde et son mouvement des choses, une sorte d'empathie pour l'Autre me saisit mais ne me console pas.
Maintenant après avoir séché les larmes, les tiennes d'abords, puis tardivement les miennes, apaisé les sanglots, une foule de démon me submerge, ceux que j'essaie de combattre au quotidien, ceux de l'HOMME petit et mesquin, moderne, possessif et envieux. Ceux de la comparaison, de la performance, car quand l'Autre est là, il faut forcément être à la hauteur, si tant est que cet Autre soit suffisamment mystérieux et attirant pour entrer en confrontation avec moi.
Et forcement c'est le cas. Mon cercle d'ami se constitue naturellement d'être mystérieusement attirant dans leurs faiblesses et leurs indéniables qualités.
Sarah, je ne sais pas quoi dire. Tu suscites en moi toutes mes contradictions et je ne sais comment les gérer, les dompter, les interpréter. Le temps me donnera sans doute les armes pour mieux appréhender ce dont notre nature est capable de faire de pire comme de mieux...La perdition, le doute, la peur, quelque part le dernier des idiots trouvera toujours une bonne excuse pour assouvir ce qui fait de nous des être humains. (quoi que j'ai quelques doutes sur ce point...bien des gens ne cherche pas a saisir l'origine des "forces" qui les traverses). Cet étrange sensation d'être au bord du gouffre et de trouver ça excitant, risquer de tomber mais se rattraper au dernier moment, en justifiant toutes les excuses imaginables, mais au final c'est la trouille qui gouverne et c'est cette trouille qui à une autre échelle que notre petit secret, font faire les pires erreurs qu'un homme ne devrait pas faire pour se distinguer d'un animal.
L'ultime question reste de savoir ce qu'est l'homme profondément ; un animal en quête d'humanité, ou un être aux abois qui espère, le temps d'un souffle repris après une trop longue apnée, retrouver l'instinct, la pulsion, le plaisir dans l'oublie, le plaisir de l'oublie...du temps qui passe. Embryon de réponse avorté par mon désir d'oublier à mon tour toutes ses questions dans un improbable sommeil.

lundi 7 avril 2008

le départ...

C'est bien le mot approprié puisque ce soir est mon dernier soir au château...je tournerai la clé de la grande porte en métal une dernière fois en quittant mon lieu de travail. 5 ans !
Exploit, je pense pas être un jour parti sans oublier de la fermer, pourtant dieu sait si j'en ai oublié des choses dans le cadre de ce boulot, malgré un zeste de nostalgie, le désir de vivre une nouvelle aventure est tellement fort que je me sens presque pousser des ailes. Alors rangement oblige, j'ai retrouvé un texte que j'avais écris y'a un bout de temps maintenant, plutôt que de l'éffacer, je le post ici, pour le relire, si besoin en était...il n'a pas était terminé.

JUSQU’A

Se sentir invulnérable, puis tomber. La vie de cet homme finit par la chute…Une chute si longue, ralentie par les souvenirs de sa vie, des images de bonheur, des images décolorées, tremblantes, floues, presque lissées par le temps…des séquences de vie.

Ses lèvres esquissent un léger sourire, une envahissante sensation d’allégresse inonde sa figure, cerne ses yeux, accentue les plissures de ses pommettes…comme un enfant il gonfle ses joues laissant discrètement sortir un bout de langue luisante qui se confond au rose de ses lèvres. L’euphorie de son visage est enroulée par les mouvements délicats de ses cheveux, balayés par la vitesse de sa descente.

Derrière lui, une abrupte falaise grisâtre défile sans que l’on puisse discerner les formes de la pierre.

En bas…on ne sait pas…reste-t-il encore beaucoup de vide a traverser avant d’atteindre le fond ? Est-ce cela qui semble le rendre si heureux ?...l’idée de voyager dans le temps, de pénétrer l’atmosphère pour se fondre en elle…on ne sait pas.

Une boucle sonore tourne dans sa tête, un mélange multiple de couches aigues, hybride d’une voix nasillarde samplée et d’un ensemble de cordes dissonant, stimule les terminaisons nerveuses de son cerveau. Tout son être est tourné vers la sensation, c’est comme si l’imaginaire de sa chute semblait pouvoir même dépasser par la vitesse, les lois de la physique. Pour la première fois de sa vie, son esprit attendrait l’arrivée du corps qui habituellement l’enferme.

Là en bas, nonchalamment accoudé sur un rochet, presque exaspéré de l’avoir fait attendre.

Le bunker est sombre, les murs, gris traversés par des filés de calcaires. Au fond de la pièce principale, une grandiose baie vitrée s’étend sur la presque totalité de la largeur. Un store en métal austère engorge la vision d’un paysage apocalyptique lacéré par les lames rouillées du volet fermé. La pierre s’arrache au ciel, laissant deviner un abîme duquel s’échappe quelque vapeur d’humidité.

Une lumière funeste se glisse entre les tranches du store, découpant le sol en un échiquier martial, une lueur blafarde s’engouffre dans un rectangle en plastique blanc suspendue au plafond, et efface le carrelage d’ombre, laissant apparaître une masse réfléchissante étrangement informelle dans la coin gauche de l’unique pièce.

Un lit, recouvert d’une épaisse protection en plastique s’empare des reflets lumineux et laisse apparaître le corps chétif d’un enfant au teint pâle. Recroquevillé sur lui-même, enroulé dans une tenue bien trop grande pour lui, la pesante côte de mail qui le recouvre laisse apparaître les appuis fragiles de son petit squelette.


mercredi 26 mars 2008

Bonne question !

On ne peut pas en parler sans regrets, je veux dire lui et moi…

Quand on en discute ensemble on en revient toujours au même. Se remettre en question, je peux le faire, arrêter le ciel de pleuvoir, c’est impossible. Pourtant c’est bien la sensation qui m’étouffe, comment faire arrêter ce bruit de goutte d’eau sur le velux. Le genre de bruit qu’on adore au lit avec quelqu’un qu’on aime, qu’on déteste dans les moments de doute.

Une petite voix, le fameux marteau de Platon si mes souvenirs sont bons, celui qui est sensé te taper sur la tête afin de t’interroger sur la fameuse question de la « réalité », je le sens bien tenter de me ramener ici, sur les rives de la raisons. Je l’emmerde à vrai dire, je ne sais pas qui de Platon ou la raison j’emmerde le plus, toujours est-il qu’une discussion se fait à deux, et que seule la discussion fait avancer le monde, le monde intérieur, mystérieux vaste et confus.

Tout cela est bien flou, tu veux en venir où Bob ?

Tes mots sont bizarres, vide de sens…

C’est ce que je me tue à te dire, j’arrive plus à te parler, enfin à te toucher. Je me souviens, gamin, j’avais appelé mon ange gardien « Jack » et j’ignore encore pourquoi, mais bien que je ne connaisse rien de l’Amérique à cet âge, il était américain…J’avais, à douze ans, écrit à l’ambassade américaine pour avoir un drapeau US…Jack qu’est ce que tu fous encore dans ma tête, pourquoi fallait-il qu’à douze ans tu m’emmerde déjà avec tes doutes sur ton identité, sur cette foutue place à occuper dans ce monde…

La vraie question est la suivante, est-ce que sans ‘doute’, je serai susceptible d’avancer, de me poser les bonnes questions. Une autre VRAI question, qu’est ce que tu veux atteindre ?

Et comment l’atteindre vraiment…être cohérent…à quoi bon, pour qui, jusqu’où ?

Mais enfin Bob, tout ça reste vague, et j’y comprends rien !

Ok, laisse moi t’expliquer en deux mots. (ok un peu plus…)

Une partie de moi est arrogante, prétentieuse et sans doute suffisamment fier pour considérer que c’est elle qui doit avoir raison. Entendons par TOUT, ce à quoi je n’estime pas appartenir et qui pourtant flirte avec moi : la médiocrité, l’absence de réflexion, l’action spontanée parfois sans réflexion, le regard…l’horizon qu’on veux atteindre, quelqu’en soit le prix.

Je veux le toucher, pas du bout du doigt, plutôt l’étreindre d’une poignée vaillante, celle qu’on donne à un vieil ami, heureux de l’avoir retrouvé après tant d’années…

Que cette fin de semaine (festival, refus, amertume….doute !) me donne l’occasion de découvrir un horizon qui me sera donné d’atteindre, qui me permettra de remettre en cause mon système qui pour l’instant s’insurge contre le reste, comme un ennemi convaincu du bien fondé de son action…Un dirigeant chinois contre le Dalaï Lama…c’est ce à quoi ça que je pense, actualité oblige.

J’en saurais plus sur ce retour à la réalité d’ici quelques jours. Si le coup de marteau tombe, ça fera un échos suffisamment long entre les murs de mes espoirs pour que seule la fuite trouve une place dans ce bordel.

jeudi 10 janvier 2008

Dans un train noctambule, en Roumanie...

Une idée comme ça, qui ne mène nulle part…


La sensation est étrange, le vide coincé entre un million de question sans réponse…Pourtant autant de scénario possible se bousculent dans le couloir anesthésiant du salon funéraire.

6 heures Qu’Alix, adossé contre un banc en plastique imitation bois fantasme la courbe sensuelle d’une fuite immédiate. Le genre de fuite qui retient en elle le secret d’un délicieux choc, semblable à ce corps bouillonnant d’hémoglobine hystérique qui tombe dans le fluide tranchant d’une eau fraîche et vive. Un corps, une falaise, de l’eau…L’idée est là, Alix l’embrasse de toute son imagination et fuit. Une nouvelle naissance au monde, le souffle coupé de son inspiration, un poids qui s’installe dans le creux de son cerveau et remue autant que la queue d'un chiot impatient…S’évanouir, non le plaisir est là, dans cette légère douleur, le picotement généralisé envahit son système nerveux en guise de prix a payer pour une éphémère sensation de pureté retrouvée.

Une maladroite main l’extirpe de la noyade, les vêtements dégoulinants il croise le regard de tous ces imbéciles, qui en guise d’une tape sur l’épaule s’excuse de ne pas trouver les mots justes.