mercredi 5 novembre 2008

NIN (juste parceque "you get me closer to god")

You give the reason, you give me control, I give you my purity, my purity you stole.


Comment commencer ce qu'on appréhende comme un nouveau chapitre, une page qu'on tourne et une nouvelle sur laquelle on s'apprête a écrire autant de connerie...mais d'un autre temps, voir bientôt d'un autre espace. Je rentre d'un mois d'exil d'une politique personnel imposé par le hasard comme une évidence, une urgence, une nécessite. En fait nan, y'a pas de hasard, je me suis battu pour réaliser mon 1er film, battu pour décrocher cette résidence en corse...et j'ai gagné. Logique que je sois parti le montrer loin, logique que j'ai pu fouler les montagnes et parler avec la mer pendant 1 mois.

J'ai eu le temps de faire un tour à la cave, d'y trouver une trappe qui donne sur un tunnel plus profond encore pour finir par me perdre dans une grotte toute noire, juste éclairée par la lumière de mon écran de téléphone portable, un peu insouciant comme expédition...

Je me souviens, étudiant, j'étais passionné par les 1er films d'Oliver Stone, j'ai retenu une phrase depuis toutes ces années « C'est dans l'obscurité que l'œil commence à voir ».

Je confirme. J'ai trouvé en moi une faille, qui était d'ailleurs le titre du texte que j'ai écris pour postuler à la résidence, j'avais sans doute besoin de remuer le fond de la fosse pour m'assurer que ça n'arrive pas plus tard dans un autre grand moment de fragilité (là je pense à mon père par exemple). J'y ai découvert plein de chose que je pensais réglée, c'est fou la mémoire, l'inconscient, les traces que peuvent laissées des expériences vécues...

Dire que tout est classé comme à la suite d'une enquête méticuleuse serait vraiment présomptueux, néanmoins on intervient avec beaucoup plus de facilité sur une faille quand on sait où elle se trouve.

Je pensais qu'elle venait de toi la bas...et de moi ici. En fait non, j'aurais du écouter avec plus d'attention tous ses signes que mon corps m'a donné alors que tu étais encore avec moi...c'est incroyable de se dire qu'un changement (disons bouleversement avec du recul) de situation professionnelle et sociale est d'abord appréhender par le corps avant même l'esprit et l'intellect ne s'en inquiètent. Je sais que je suis très sensible à plein de chose, et plus encore maintenant...mais j'ai toujours eu la conviction que mes choix étaient les bons, pourquoi alors je me suis senti si loin de moi ?

Ça doit avoir un lien avec la peur, la pression du monde qui nous entoure et de sa fameuse « normalité », tout cette frayeur qu'on nous vend pour mieux nous posséder...la crise financière, un dérèglement à l'échelle mondiale qui touche à tous les domaines, alors pourquoi prendre un risque dans ces conditions alors que l'on peut très bien être heureux comme tout le monde le semble autour de moi. Mais si je suis pas tout le monde...

Je peux dire que j'ai retrouvé la lumière dans mes yeux, et d'ailleurs c'est les autres qui me le disent, je peux dire que je remonte de la cave plus fort, sans doute moins insouciant car vraiment j'aurais pu me planter là bas juste avec un portable pour m'éclairer, y'a des gros trous qu'on voit pas forcement...et d'autre que j'ai su éviter et que j'éviterai une fois remonter la haut.

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