lundi 4 juin 2012

...une piste...mauvaise finalement !


Les pierres ont une mémoire ; les galets, les cailloux, le sable et la poussière. On oublie trop souvent que tenir une pierre dans la main, c’est tenir la mémoire du monde. C’est d’ailleurs amusant cette forme ronde que la nature leur dessine et que l’homme leur préfère. La rondeur des formes naturelles m’a souvent intrigué, rien a voir avec la douceur des fesses et pourtant difficile de s’en décrocher…de ce souvenir ancestral. Quelques caillasses trainaient dans la veste de ma poche, la dernière fois que j’ai pu choisir moi même mes habits c’était la dernière fois que j’ai pu choisir de sortir par moi même, avant d’être ici, placé comme ils m’ont dit. Trois dés de forme hexagonale que j’aimais faire circuler au fin fond d’une autoroute ravagée par le temps, parfois ils tombaient de ma main, parfois mes doigts semblaient tomber eux aussi. Le doux glissement des faces les unes contre les autres déplaçait des nuages dans ma tête, je pressentais, surtout lorsque les visites étaient finies, des vagues de sensations douces, des images sucrées nappées de sonorités généreuses…Dans ces rares moment de paix je revenais à l’origine, à la rondeur du ventre de ma mère. Tout semblait suspendu alors, et je sentais que dans ces moments là, je pouvais partir, quitter une bonne fois pour toute ce corps devenu aussi regrettable qu’il semblait magnétique au temps. Le même cauchemar venait alors juste de me réveiller, une horloge comtoise démesurée explosait devant moi, j’assistais attachée à une chaise au cataclysme, terrorisé d’être déchiré par des débris de verre et de bois…Il n’y avait que ce geste pour me calmer, je polissais un peu plus les parois de histoire, je devenais la petite histoire de mes petits cailloux, et ça me faisait du bien de m’imaginer poussière, ce qui fatalement semblait de toute façon approcher à grand pas…79 années contre l’âge du monde.

Quelque chose lui était arrivée, quelque chose lui a imposé une forme de paradis terrestre, comme une prison faite de feuillage. Son quotidien se résume ainsi : Tremblement, insomnie, cabane, surveillance, isolement technologique, câblage blindé, champs électrique, étanchéité, nuisance magnétique, accélération cardiaque, sudation, acouphènes, cactus, bougies, sensation de brûlure, isolement, solitude, folie, haine du touriste, des leurs ondes, de leur pollution magnétique, fuite, vandalisme, vieille voiture, nausées, terrain de camping, absurde, jumelle, révolte, souche d’arbre, pureté, propane…huile d’olive. L’huile d’olive était devenue la seule chose qui semblait apaiser le mal dont il souffre depuis son enfance, jusqu’à aujourd’hui. 23 années contre l’onde du monde.
J’évitais de trainer les couloirs, de risquer le précipice de leurs yeux, de croiser les flashs des téléviseurs de toutes les chambres de mon étage…tous allumés pour combler l’ennui. Pourtant, je m’y risquais à chaque fois que Daniel commençait son service de nuit. Il se faisait déposer par son ami à l’arrière du bâtiment pour être sure que personne ne les surprenne, là ils s’embrassaient avant de se quitter toute la nuit durant. J’aimais ces moments. Ils étaient courts, mais c’était devenu rare de croiser la tendresse ici bas. L’ascenseur de l’étage venait de sonner son arrivée, le gros chariot de médocs trin ballait derrière lui deux infirmières déjà endormies par le chuchotement du métal et des pilules. Sagement je regagnais ma chambre.
Félix avait développé tout un univers autours de son handicap, son incapacité de vivre entouré de champs électromagnétiques avait forcé la brèche d’un imaginaire surprenant, capable de rester au fait de l’actualité tout en vivant loin du monde civilisé, de se préserver d’un monde qui n’avait pas su et voulu envisager, que la technologie le faisait terriblement souffrir. Loin de sa petite cabane (sur le toit de laquelle il avait placé la monture d’un vélo qui produisait ce qui lui fallait d’électricité) était installé un poste de radio qu’un branchement complexe permettait d’entendre les nouvelles du monde au travers le pavillon d’un gramophone : L’immense iceberg des terres du nord défrayait la chronique depuis qu’il avait traversé l’atlantique et s’engouffrait dans le couloir entre l’Angleterre et la France…Pour la première fois de l’histoire, des milliers d’intrépides s’étaient risqués a rejoindre l’île britannique au continent européen en traversant ses quelques cinquante kilomètre de glace éphémère. Félix fermait les yeux et imaginait ce petit miracle…Brutalement, une rare douleur oubliée le percute l’arrachant à sa traversée en traîneau, le drapeau anglais noué autours du cou devint alors une corde qui l’étouffe, sa peau le démange terriblement, une barre de fer associé au grincement aigu d’un ultrason compresse son crane. Pour soulager ces agressions d’un monde lointain, une douche laissait s’écouler sur son corps en crise des litres d’huile d’olive, ça faisait longtemps qu’il ne l’avait pas utilisé, quelque chose s’approchait, une menace qui effritait le fragile équilibre entre lui et le reste du monde.






vendredi 1 juin 2012

TEST au(X) stérones.


Je me pose souvent cette question : est ce qu’on se la pose assez souvent ?

Dit comme ça, ça peut paraître aussi débile que de se tenir droit à table, ou pas mettre ses coudes sur la nappe du dimanche. On est vendredi, mais quel jeudi soir j’ai passé…moi perso j’ai finit dans une boite du genre que je déteste ; avec une majorité de gens que je déteste, et j’ai même pas pu consommer ce que je déteste un peu moins car leur putain d’appareil à carte bleue était en panne…et c’est tant mieux, car dans ce cas de situation, je suis un peu tout sauf …(raisonnable).

Bref, me voilà à la maison et je n’allais pas laisser passer cette occasion de parler avec toi (vous ? nan juste toi). Car je sais que tes antennes ne sont pas loin, bon elles dorment, en tout cas je le souhaite. Faut dormir, c’est bien. Mais parfois je me demande si tu t’inquiètes pour mon dos, il n’est pas toujours droit, en tout cas pas comme il devrait l’être. Je m’égare, en me relisant (et me redressant) je m’aperçois qu’il est tard et qu’à cette heure ci, je serais toujours seul à écrire mes conneries, et seul à les relire. On est une espèce rigolote (j’adore ce mot « RIGOLOT »), du genre à se pencher sur tout ce qui est inutile à des heures inutiles mais quand même, ces heures, elles sont là…je veux dire malgré tout. Ben moi je les vie. Et assez fortement, en tout cas sans faire semblant, ou pour "du rire…"j’adore blaguer, mais avec ces choses là j’arrive pas,  c’est comme un devoir…les devoirs c’est chiant à faire, surtout pendant les vacances, c’est un souvenir du genre…traumatisant. Faire ses devoirs au lieu de se transformer en grenouille et passer son temps a sauter et nager dans le lac, avec ses copains et copines grenouilles, c’est chiant. Pire que les devoirs de vacances.

Force et sérénité et mort aux vaches.

dimanche 18 mars 2012

L'olivier...au printemps.

So let’s talk.

Je ne crois pas avoir déjà aimé le noir. Et je crois encore moins que mon putain de clavier sans fil arrive à suivre le fil de mes doigts sur lui. En arrivant sur Valenciennes, j’ai vu d’abord cet immense monstre de ferraille éteint…plongé dans le noir, seul et pourtant immanquable. Ça me renvoie à moi. C’est prétentieux comme idée nan ?

Cette discussion avec toi Romain a su toucher le nerf sensible…celui sur lequel il ne faut pas courir avec des baskets trop amochées. Finalement j’essaie tant que possible de ne pas voir l’évidence. On fait tous pareil nan ? Mais t’es un mec intelligent et tu as su trouver la faille. Comme je t’ai dit tu as une force certaine, évidente, facile j’ai envie de dire…facile a justifier.

C’est drôle comme au final il faut trouver une fin à toute chose, le début d’une histoire, d’un trajet, d’une soirée…D’une nuit, tout le monde s’en fout !

Pourquoi tout ce qui est facile m’emmerde. Pourquoi je ne vais pas me coucher ? Pourquoi je suis tant en colère…qui m’a dit ça, c’est toi Perrine ???

T’as raison, t’es assez équilibré face au néant pour ne pas avoir tord. Mais ça me gonfle cette façon de ne rien dire. Bien sure comment ne pas le faire au final, sans être un VRAI égoïste ?

Je dis VRAI en majuscule car j’y ai réfléchi longtemps maman, assez longtemps pour rejeter tes accusations en bloc et affirmer du haut de ma piètre existence que je ne suis pas ça, cela…ou juste ça et rien d’autre (épanorthose au passage qui ne mort personne…mais que je suis très fier de placer.)

Il y a un truc, une force, une fréquence, une température très particulière qui peut nous faire tout accepter. L’absence, le gouffre…et j’ai aucun doute que mon besoin de cinéma - au sens d’une forme de résistance à l’oublie - et de musique participent à cette façon d’être là, au risque de ne pas être vu, lu, compris.

La plupart des gens qui m’entoure sont au delà de tout ça, et ça me tasse les vertèbres. Ça me rapetisse pas pour autant, ça me renvoie juste à cette éternelle question de taille, taille d’engagement, taille de cylindre, taille de vie…C’est quoi la taille de ta vie ? C’est quoi la taille de la vie des gens qu’on aime. C’est quoi ces questions à la con.

J’ai peur que tu me quittes, j’ai peur que tu te laisses submerger par tout ça, ces trucs que j’arrive à juguler en écoutant Portishead. Ces trucs que j’arrive a poser a terre car j’ai le socle, celui sans lequel rien ne tient et pourtant pour lequel tu dois laisser une part de tes trippes derrière toi…pour l’obtenir.

Me quittes pas.

Jamais.

Je serais seul et personne ne me comprendrait alors.

mardi 24 janvier 2012

T.O.U.R.N.A.G.E de tête

Demain je tourne ce deuxième film. Aujourd’hui une petite ritournelle m’a trotté dans un coin de la tête, sans savoir d’où elle venait, d’un coin récemment dépoussiéré de mon cerveau, ou d’un autre…que j’aurais lu au hasard d’une page perdue. Ça faisait : l’amour tue, ne plus l’être est une torture. C’est vraiment bizarre car rien ne laissait présager ce type de fin de couplet, si ce n’est les quelques mots que tu as voulu partager avec moi. Et pourtant, les heures passaient…avec ces mots entêtants. J’ai toujours eu un sixième sens, une sorte de disposition au présage, une vraie intuition sur la nébuleuse d’émotion dont je suis moi même en orbite. C’est rigolo, car sur le moment même, je la vois comme une inspiration, et c’est seulement une fois heurté par la réalité des sentiments et sa confusion que je comprends…et que tout s’éclaire. Demain…pardon, c’est tout à l’heure que je tourne « Absent », faudra la tordre, la plier en mille morceaux lui donner la forme qu’il faut à cette mélancolie. Mais au final c’est une pote plutôt habituée du quartier, demain, on la remet a sa place et on garde le cap !

Demain…merde, faut que j’arrête de penser que je vais dormir, dans quelques heures, y’aura la foudre, la pluie, le vent chaud d’une fin d’été…et moi.