jeudi 7 novembre 2013

Les mOts.

...sont forcement dur a trouver. 
Je me suis souvent posé la question de l’égoïsme.  C'est quoi être égoïste ? Réaliser que cette phrase se termine par un point d’interrogation ou un maux ? J'ai quoi a raconter ? Toi, tu as quoi de plus a raconter ?
On se définit fatalement par son prochain, et mon prochain me fuit. Dans la mort, le romantisme, l'imaginaire...l'alcool...voire même une forme d'agressivité que je n'arrive pas, moi même a canaliser...parce que j'en suis rempli jusqu’à la glotte, mais quand même "merde alors, on est pas des sauvages..."
On va pas se mentir, toi et moi on sait pertinemment que l'un d'entre nous sait de quoi il parle. D'ailleurs, t'es qui toi ?
Je veux dire, celui a qui je parle ce soir. Et moi, qui suis je finalement pour poser ces questions, sans rien même juger de quoi que ce soit... il y a la question de la faute sous jacente...La faute à qui ?
On se pose la question quand la chaudière qui nous chauffe les muscles se fout en panne sans crier gare...Parce que merde, on est mieux au chaud. J'ai froid. Le froid me fout mes boules, le vide me plaque contre le mur en me disant, "tu vois connard, je te l'avais dit!". Et rien que pour ça je lui en veux. Il serait prétentieux de dire que la mort m'a approchée, pourtant elle s'est penchée sur moi, dans un rêve...Un cauchemar plutôt, les yeux dans le néant elle m'a chuchoté un truc...Un pavé de merde, qui ce soir trouve à nouveau son sens. Je nage dedans depuis le 24 septembre, et depuis rien n'a plus le même échos, les murs semblent se foutrent de ma gueule en changeant les rimes, mais au final je connais la chanson. Tout ça pour ne pas parler de toi...du seul qui compte, de mon passager secret, cet indécrottable sentiment de culpabilité qui ma colle aux basques. OUI, toi, tu me fais chier et je t'emmerde Benjamin. C'est dur d'écrire ces mots, plus encore de ne pas chialer en les relisant, mais quelle vérité tu as éclaté dans ton départ. Tout en moi est en ébullition, mes limites et mes extrémités se font de l’œil. J'ai peur de mourir pas pour moi même mais en imaginant la peine de notre mère...je sais que je suis prêt a tout, je suis comme un œuf au plat qui ne veut pas voir son jaune s'étaler dans la poêle. Ma vie est nouvelle, et ça, peu de gens peuvent le comprendre. Toi par contre...avec le temps, la colère remplace la tristesse...est ce que je ne valais pas une dernière chance ? 
Une dernière bataille du genre de celle que tu aimais au cinéma, et dans laquelle, je suis sure sure...
j'aurais adoré être ton second. Merde, je me sens comme abandonné, comme en dessous de toi, de ce que tu as jugé bon de quitter, je t'en veux à mort mec.









mercredi 22 mai 2013

9 jours plus tard...


Swan, ça veut dire « printemps » en Viet. Du moins c’est ce que j’ai cru comprendre, ou voulu comprendre. Bref, c’est comme ça que je t’ai appelé, je trouvais ça beau et c’était l’année des « S ». Je me sens redevable et il faut que je parle de toi. J’ai senti la vie quitter ton corps, pas comme je l’avais imaginé…pas comme King Kong dont le cœur ralentit pour s’éteindre dans l’ombre. C’était plus tendu, comme une corde qu’on tire soudainement et qui envoie en l’air des volutes de poussière. Me reste que ce caillou et des tonnes de souvenirs. Caillou imprégné de tes cendres et d’essence, une idée d’Hugo…un truc de samouraï ou je sais pas quoi, mais complétement en accord avec ce que tu méritais ; de l’air, des cendres, le vent pour t’emmener loin de la pluie. J’ai tourné ta tête en cherchant le sud, en me disant que tu aurais plus de soleil, je voulais que tu aies chaud pour toujours. Le couloir me semble vide, ton fauteuil s’emmerde sans tes poils, ton odeur va manquer à ce putain de quotidien. Si j’étais un marin perdu dans une tempête je penserais à chercher un phare. Je suis un mec perdu et t’es plus là. Je suis toujours rentré pour toi, comme une encre qui me rappelait que j’avais fait un choix et qu’il fallait le respecter. J’ai fait de toi une sorte de gouvernail qui m’a toujours ramené ici. Chez moi. Chez ma mère ou auprès de ceux qui t’ont aimé, qui m’ont aimé...Je ne comprends pas ce qui se passe dans ma tête, je sais que tu es un chien, mon chien…et qu’en plus c’est normal qu’à 12 ans tu aies envie de nouveaux rivages. Mais tout me renvoie à la vie, à sa fragilité, aux choix que j’ai fait, et c’est plus du tout une histoire d’animal de compagnie. Souvenirs…Tu es allé en corse, tu avais peur du vide, te faire traverser un interstice de vide…C’était compliqué. Tu as pris le bateau, fais plus de 1000 km en voiture, traversé la méditerranée. Ton truc préféré (tes trucs préférés) c’étaient les miens…J’ai une sorte de fierté que tu m’aies autant ressemblé. La mer, Wissant, des étendus de sable ou d’eau. Les caresses derrière l’oreille, caresse tout court pour moi. To care about…TO caresse about ? « YOU »…Putain d’anglais, mais quand même, c’est la première fois que je fais le rapprochement. Bref, ce soir je pleure de te savoir sous la terre de mon jardin, c’est l’ordre des choses, je râle pas contre ça…Je me dis juste que c’est fou la place qu’une boule de poils aussi puants que les tiens ont pu prendre dans ma vie. Je t’ai voulu Swan, très fort, assez fort pour qu’un diamant perché sur une bague me décroche de mon rêve et te fasse arriver. T’es en plein milieu d’une histoire…Et toute histoire se construit au fur et à mesure. Tu fais partie de mon histoire, je suis une partie de toi et réciproquement. Je le sais, j’en suis fier. Et je ne peux pas quitter cette journée sans exprimer ma reconnaissance pour TOUT ce qui es as été. (ok, cette journée est déjà finit, tu es morte à 19h33, un 22 mai. Il est 01.13…et c’est déjà demain, le 23.).
J’ai pas d’enfant, j’aurais pu être papa d’une fille de ton âge au moment où j’écris ces mots (en âge d’homme), mais la seule chose que je pouvais assumer c’était toi boule de poils. La maintenant c’est diffèrent, forcément  je suis différent. J’ai aimé ta gentillesse, cette forme de désintérêt calculé dont tu étais capable, je crois que n’importe qui de gentil aurait pu t’emmener. Pourtant, bordel…personne t’a emmené, t’es resté avec moi jusqu’à ce que « je décide que ça soit la fin. » (je déteste cette phrase, mais je vois pas d’autres vérités). Swan tu es partie, j’espère avoir fait de mon mieux même si ce n’était pas parfait. Je t’oublierais jamais, pas seulement pour l’amie que tu as été, mais pour toute les leçons que tu m’as apprises. T’as été plus qu’un chien, t’as été mon choix.

lundi 13 mai 2013

First draft. First step.


Au crépuscule

En arrière-plan un avenir proche, une catastrophe naturelle dont l’impact est globale. Les hommes qui habitent cette planète vont devoir subir des changements brutaux irréversibles, le soleil sera voilé d’un nuage de cendre pendant les 5 prochaines années…

Un jeune garçon, Camille, quitte le lycée et doit retrouver ses parents chez sa grand-mère qui vit dans le sud de la France. Un vieux quitte la maison de retraite qui se vide de ses pensionnaires, il connait la mort pour en avoir fait son métier. Une mère ne se présente pas devant l’école de son petit garçon de 3 ans et le laisse seul.

Les chemins se croisent, Camille entraine dans la lumière de sa personne l’avenir et la mémoire d’une famille qu’il recompose. Ensemble ils traversent une partie de ce monde qui brille plus encore en attendant le dernier crépuscule.

Entre parcours initiatique et récit contemplatif, « Au crépuscule… » Met en scène les liens profonds qui unissent ces 3 générations d’homme pourtant si différents, et pour lesquels la terre ne semble pas trembler.

mercredi 16 janvier 2013

DétouR


UN

Je sentais encore les gouttes d’eaux ruisseler sur mon visage, le gout du sel sur mes lèvres. Sa tête était posée sur mes genoux, elle respirait en faisant un drôle de bruit auquel je n’étais pas habitué. Dans ses yeux, je lisais l’inquiétude et la peur. J’adorais l’idée qu’elle savourait chacune de mes caresses, pour d’obscures raisons j’étais convaincu qu’elle était sensible à ma façon de prendre sa gueule entre mes mains…j’ai toujours fait ça, comme un sculpteur et sa boulle de glaise. Sa langue dépassait, elle me léchait pour me rassurer. J’ai hurlé à ma mère d’accélérer jusqu’à la clinique où nous allions depuis sa naissance. Ma mère négociait chaque virage comme un pilote de F1, en même  temps elle expliquait au téléphone que Ponga s’était blessé pendant un exercice de sauvetage en mer...Elle se tordait de douleur au niveau du ventre. Ponga est une bête magistrale que j’entrainais tous les samedis en mer, un terre neuve qui m’accompagnais depuis mes premiers souvenirs d’enfant. Les portes se sont ouvertes dans un fracas de cliquetis, j’essayais de rester le plus proche d’elle, pour pas qu’elle ait peur. Agnès, notre véto l’a très vite diagnostiqué… j’étais resté avec elle mais je lisais sur ses lèvres un bien vilain mot ; splénomégalie, dit-elle à ma mère, qui acquiesça comme on annonce une varicelle aigu. Le retournement d’estomac chez ce type de chien âgé est très sérieux, je le savais. Ponga a mis sa grosse pate sur ma main qui lui caressait les babines. Le regard de ma mère s’est assombri, l’opération a très peu de chance de réussite, mais elle est surtout très couteuse et nous étions en galère depuis toujours.

DEUX

Arslane, un vieil arabe de 70 ans arpente le métro sans trop vraiment savoir se repérer. Il finit par déboucher sur une avenue aussi grise que ses vieux os. La guichetière de la banque où il retire une épaisse liasse de billet lui demande s’il part en vacance. Arslane ne répond pas, en sortant il longe les murs des hautes façades parisiennes. Un papier effiloché par le temps soigneusement coincé sous le plastique de son portefeuille de toujours indique une adresse précise, il s’agit d’une agence de voyage spécialisée dans le moyen orient, en la sortant, une photo avec ses deux jeunes fils manque de tomber. Il prend soin de la ranger pour ne pas qu’elle prenne la pluie. Essoufflé il finit par trouver la vitrine de l’agence, la conseillère lui demande son passeport. Il lui répond en arabe. Elle ne comprend rien. Arslane n’a pas de passeport. Pour se rendre en Palestine, s’il veut prendre l’avion…il lui en faut un. Il sort sous la pluie qui continue de tomber, un vertige le saisit, adossé contre le mur, il se ressaisit et reprend son chemin à contre sens d’une foule qui semble vouloir l’empêcher d’avancer. Son long manteau cache bien mal sa vieille carcasse qu’il a du mal a faire marcher, assis sur un banc, il sort un téléphone de sa poche…Il n’y a qu’un seul contact dans son répertoire. Hakim arrive peu de temps après et réveille le vieux lion qui s’était affaissé sur le banc d’un parc. Les 2 hommes se connaissent, il y a entre eux la distance d’un secret mal dissimulé, d’un mensonge raté. Arslane veut rejoindre la terre de ses fils, et lui demande comment faire sans passeport. Impossible. Hakim l’accompagne jusqu’à la gare, les deux hommes se figent alors que l’annonce du départ imminent résonne sur le quai. Hakim lui chuchote que ses deux fils l’ont inspiré, et qu’il doit  être fier d’eux. Arslane voit la porte se refermer sur le visage d’Hakim au travers de la vitre, le train démarre, enfonçant le vieil homme dans son siège.

 

 

TROIS

Dans la voiture qui nous ramenait à la maison je me suis retourné par reflexe pour m’assurer que Ponga allait bien…La banquette était vide, ma chienne ne parvenait plus à marcher, il était plus prudent de la laisser sous surveillance à la clinique. Ma mère insulta un taxi qui l’empêchait de garer sa voiture face à chez nous, mon vieux voisin Arslane…que nous n’avions pas vu depuis quelques jours en descendit et rentra chez lui sans même nous saluer. Maman m’envoyait souvent chez lui pour partager de la nourriture en trop, on le savait seul depuis que nous étions arrivé dans le quartier. La porte de chez Arslane se referma dans un écho que le vide de sa maison ne pouvait cacher. Au travers de sa fenêtre, je le voyais prendre place autour d’une petite table de cuisine…j’imaginais bien une vieille machine à café laissant s’écouler le liquide noire par petite goutes bruyante. Arslane sorti l’épaisse liasse de billet dans un geste d’abandon qui laissa glisser les billets jusqu’à recouvrir la surface laquée d’un plastique jauni par le temps. Je cachais mes économies au creux d’une bible dans laquelle j’avais découpé un rectangle d’une centaine de page, la dizaine de billet qui s’y cachait ne suffirait pas. J’appréhendais forcement cette discussion avec ma mère, mais nous devions l’avoir. Assis face à face, j’avais descendu le peu d’argent que j’avais économisé…Elle avait déjà préparé le Tupperware d’Arslane sur un coin de meuble. Je savais qu’elle commencerait par cette phrase, on avait déjà du mal à me payer la cantine du lycée et que l’opération avait peu de chance de réussite. Elle avait raison sur tous les points, mais aucun ne parvenait à trouver la mienne de raison. J’ai vomis ma colère, chercher à comprendre pourquoi le monde ne pouvait pas, pour une fois tourner d’un autre sens…je me suis perdu dans cet instant, y’avait plus rien excepté cette rage qui prenait l’allure d’une fissure niché au creux du barrage dans laquelle vient s’engouffrer la force des éléments. Cette déferlante souffla tout sur son passage, il n’était plus question de Ponga et moi, mais du vide qu’elle allait laisser et qui était un tout autre problème, j’ai repris le souffle de mes esprits dans une cuisine dévastée par un tremblement, ma mère n’y était plus, j’étais acculé contre un mur et ne pouvais imaginer de chose plus rassurante que la pression que j’exerçais dessus. Affamé, j’ai attrapé le repas destiné au voisin et commencé à manger les pommes de terre sautées au gruyère qu’elle lui avait préparé, impossible d’avaler quoi que soit, j’ai tout recraché. En remettant en ordre la cuisine, j’ai vu la lumière de chez Arslane encore allumée.

QUATRE.

 Pas de quatre...fausse piste :)