vendredi 28 décembre 2007

bucarest, la crasseuse...

Arrive hier dans la soiree, je suis acceuilli par une bucarestoise assez deprimante, les seules fois ou elle me fait rire pour l instant c est quand elle se perd avec moi dans sa ville. Je n ai vu la ville que de nuit. cette aprem je vais aller m y promener. desole c est un clavier qwerty...trop chiant de retrouver les accents et tout.
Tout est crade, desolant, mais ca bouillone de vie dans les quartiers populaire. l architecture de bucarest est surprenante pour peu qu on laisse son regard s egarer...mais dans l ensemble la ville est un chaos urbain soigneusement laisse entre les mains du temps et des hommes qui en ont fait un patchwork d affiche, de tags, de publicite sauvagement installees en plein centre ville. La nuit ses lumieres et flah clignotant au rythme des sifflets desordonnes des agents de circulation lui donne l impression d une fourmilliere sous acide...Je prend le train ce soir de nuit jusqu a Cluj ou j arrive le matin a 8.00. Je verrai mon ami Petrica jusqu a 16.00 avant de partir pour Sibiu.
la suite bientot...des bizouX

samedi 3 novembre 2007

regarde loin, plus loin encore...

L'expulsion était vraiment tangible le lundi soir 29 octobre vers 18.30...C'est d'ailleurs assez étrange de ressentir présent en dehors de soi même quelque chose d'encore latent, invisible, irrévélé...Abstrait.
C'est sans doute le point de départ d'une profonde irruption, d'un mouvement incontrôlable, mais si essentiel...Le corps, le mien me réserve encore bien des surprises, moi qui par moment tente de le pousser (si) prudemment vers ses limites, ou plutôt de m'aventurer au delà de celles si, voir si là bas, le temps dévaste aussi les terre de l'imaginaire. Comment serait-il possible de graver dans l'espace temps qui nous coince des moments furtifs, des regards bêtement portés vers le ciel, accompagnés de pensées mystiques, l'immortalité et son fantasme restera malgré moi une bouteille à la mer qui trouvera bien un rocher pour s'écraser tout contre. Ce soir là, je finissais une Histoire. Raconter la fin d'une histoire, oser envisager le mot "FIN"... mon traumatisme se trouve quelque part ici...Les vagues de frisson des pieds jusqu'au bout de la nuque, y trouve leur origine.
Ce court-métrage a commencé a me faire peur l'avant dernier jour; ne pas s'opposer au mouvement vital de la chose qui devient, qui prend ses choix dans l'urgence à ma place, qui contrarie le fantasme de mon image mental, la vache...c'était dur !
La maladresse de ma première fois, le désir de prendre son temps, de placer les choses pour mieux ressentir ses points d'extrême sensibilités, la précipitation, et beaucoup trop d'insuffisance...tout ça traverse ma tête, être réalisateur commence a s'éclaircir dans mon esprit...Je suis sure d'une chose aujourd'hui, c'est le conflit que j'aurais du solliciter auprès des autres pour mieux trouver la résolution, le tout me parait rétroactivement bien trop sage et conciliant.
Mais la chose est là, hors de moi, et elle me fait un peu (menteur...) peur.
Je suis restais sur une corniche, a regarder le jour fuir. Audresselles...je me souviens de toi, de ma première fois avec toi, la pêche aux moules, mes 14 ans, aveuglé par la beauté d'une fille de mon âge, j'allais à partir de ce moment là, vivre une portion de vie qui ne pouvait pas se terminer autrement qu'ici, dans ce contexte, avec ses gens là. Forcement, la vie est forte dans ses moments là, et le sang frappe fort les parois du corps, déclenchant par moment des mouvements de jambes incontrôlés qui effritent la falaise...Mais elle tient bon la nature, elle encaisse, ou elle reprend juste ce qu'elle m'avait donné ce jour là de mon enfance, l'énergie traverse le temps, le corps, la terre...l'équilibre est presque retrouvé, je sens bien qu'une partie de moi aimerait la retenir encore, ne pas tout lui rendre, ne pas tout oublier, ne pas tout laisser sortir. Je vais devenir quoi moi sans ça, sans elle ?

...puis quelques personnes viennent me voir, intrigué de mon isolement soudain. Une grande respiration, le contact discrètement suspendu, dissimulé sous les paumes de mes mains qui arrachent un peu d'herbe, comme pour lui dire "attends, on finit ça bientôt..."
Je reste vague, je me sens un peu con, alors j'évite de donner à voir le cliché du mec qui est ému par la fin de son tournage, je fais semblant de contempler le soleil rougeâtre se cacher sous la couette.
Je ne pense pas avoir été un bon comédien sur ce coup là, j'aurais tellement aimé pleurer, et plus encore comprendre pourquoi. C’est le souffle qui retient les larmes, de profondes inspirations, la peur de tomber avec ses blocs de terre qui s'arrachent sous mes pieds, c'est pas très haut, mais quand même, c'est pas ce dont j'ai envie.
Je lui dit au revoir, je lui dit aussi "excuse moi, j'aurais aimé ne pas être là, ou être autre chose", je lui dit aussi, "maintenant que tu es hors de moi, je vais commencer a t'oublier, je me sens arraché, mais plus attaché..." Bref on se dit pas mal de chose elle et moi, et doucement toute l'énergie est passée dans le sol, jusque dans la mer…les jambes se calment, le souffle se pose, les doigts relâchent les quelques brin d'herbe prisonnier d’une ultime étreinte. Je me lève, presque comme après une course de natation durant laquelle j'ai flippé à l'idée de me noyer à chaque mètre qui m'approchait du bord. Je suis sure d'une chose, les derniers étaient les plus durs.
Un dernier regard, il fait noir. Tout est partie.

dimanche 15 juillet 2007

WEEK [never] END


Après le festival SONART, nous avions tous besoin d'un grand bol d'air. Cette destination garde secrètement un pouvoir vampirique sur moi, j'ai même pensé au jour où je ferai un enfant (elle est bizarre cette expression, faire un enfant...) c'est sur la terre des deux caps que tout commencerait pour lui, et dieu sait si c'est chargé de symbole pour moi.
Wissant, on y est arrivé le vendredi soir vers 21h00. Le temps de regrouper les copains, de passer les coups de fil, d'organiser le small trip...Et surtout de trouver une solution pour embarquer la Swannou nationale, que j'avais cruellement délaissé depuis une semaine. Jerem nous a lâchement abandonnée, ce qui m'a vraiment surpris de la part d'une warrior qui n'avait a priori plus rien a prouver dans ce domaine, les gens ne changent pas forcement, mais la météo elle, oui !

Le temps de monter les tentes, et ops...courrons voir maman, elle était plate, magistrale dans les subtilités fluorescentes avec lesquelles elle retenait amèrement les derniers rayons de soleil. Quelques bières dans le dunes, quelques histoires drôles, on se laisse bêtement imaginer avoir gagné la cagnotte de l'euro million; bordel géant, course d'airBUS, croisière en voilier avec les potes...durée de vie du groupe estimé après le gain : 2 mois a tout casser…quelques savoureux moments de silence nous ramènent sur terre, et tout compte fait, rien n'aurait pu acheter ces furtifs moment magiques passés ensemble. Dodo avec des ronfleurs, c'est l'horreur !
Du coup le bob sort faire un tour, et se rend compte que ce sentiment étrange de se sentir chez soi est fortement lié à mon grand père, qui reste à l'origine de tout ça, moi, ln, mon adolescence passée ici, ma famille qui me rejoint demain, ce que je suis devenu...ça fout un peu le vertige et ça n'aide pas forcement à trouver le sommeil.

Lendemain, réveil pluvieux, on se décourage pas, ça sera l'aqualud du TOUQUET, rigolo mais pas trop.

Iza, véro, les cousin(e)s et leurs amies, tout ça fait du monde. C'est marrant aussi loin que remonte mes souvenirs, notre famille a toujours eu cette ouverture vers les autres. Avec mes potes on est 6, et c'est comme si tout le monde se connaissait depuis un bail !

Avant le feu d'artifesse, on boit un apéro sympa en écoutant plein de musique, je suis hyper content de pouvoir faire mon ptit Dj'...l'alcool monte doucement, les artifices sont pittoresques mais le sable frais dans lequel on s'est tous enfoncé pour observer les étoiles artificielles me prend dans ses bras et je me laisse faire.

Partir trop tôt n'est pas forcement une bonne chose, attendre c'est aussi risqué de ne pas prendre son temps le moment venu. En tout cas, je pense que dans la famille c'est un gêne qui s'est transmis facilement, si j’en crois une certaine habilitée qui m’habite à consommer la vie par pulsion, comme ma marraine ce soir !

Où je veux en venir, peut importe, je reste juste convaincu qu'il faut aussi saisir des opportunités au risque de se mettre en danger pour vraiment sentir la vie derrière soi te pousser...car naturellement c'est vers l'avant qu'on va tous...

Le ptit dimanche pluvieux…que c'est bon d'entendre la pluie sous un tente ! Quelques heures plus tard, le soleil frappe l'étang dans lequel j'ai terminé seul avec mon chien la soirée de la veille. Une baignade nocturne à poil, comme mon chien tient, seul avec les blaukhaus qui trempe des pieds sous le regard des étoiles, jalouses...et on reprend la route vers la ville, j'ai trop besoin de ce lien spirituel avec la nature, c'est une relation de dépendance en fin de compte, quand elle m'entoure je me sens invulnérable, j'ai envie de me diluer en elle, comme une goûte de sirop qui disparaît dans un verre d'eau et change sa couleur à jamais.

lundi 2 juillet 2007

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On s’abîme.

On se la colle grave. On s’arrache ou se déchire. En définitif, qu’est ce qui se cache au fond ?

C’est quoi ce truc qu’on ignore, qu’on ne contrôle pas, qui se manifeste sournoisement au meilleur moment de notre vulnérabilité. L’espoir de rester connecté à un espace temps qui me parait être le plus propice au maintient d’un état de stabilité plus qu’acceptable…c’est la survie ça non ?

Alors c’est de ça qu’il s’agirait, cette part insoumise qui stagne silencieusement, combat aussi férocement que possible mon profond désir de maintient, le funambulisme de l’oublie, au risque de tomber si bas, que rien ne laisse plus de trace dans ma mémoire, juste sur mon corps, quelques hématomes, des griffes…Je m’abîme.

vendredi 11 mai 2007

Marrakech, moustapha et nike la pêche...


Titre totalement stupide, mais c'est un air qui s'est incrusté dans ma tête à l'image d'une comptine...genre"1 Km à pied ça use, ça use..."

Ci-dessous, la retranscription du petit journal que j’ai tenu lors de mon voyage au Maroc. Je vais tenter de résister à la tentation de corriger, ajuster, censurer ce que m’a inspiré ce fabuleux trip

01/05/2007

Pour finir le plan n’est pas suivi, au lieu de l’Oukaimeden initialement prévu, c’est vers les cascades de l’Ouzoud et sa vallée que nous allons…

Putain de stylo qui déconne (là pour le coup, il faudrait scanner la page pour remettre du sens dans ce décalage de support d’écriture…et de l’espace temps correspondant…bon c’est mal barré pour la retranscription pure et dure !)

Perfectionniste ?, reste que je ne supportes pas de lire mes mots a moitié inscrit sur le papier, je suis sans doute trop sure de ce que je veux écrire pour laisser supposer que mes idées s’effacent ou sont à moitié lisibles.
J’arrive. Voila, c’est mieux. Merci Ninish. Premier pas sur le continent Africain. Maroc, Maghreb, Ouzoud…Des cascades d’eau en pleine montagne, frontière géographique entre le moyen et le haut atlas. On y dormira cette nuit dans une tente berbère logée sur une corniche au pied de l’oued qui s’écoule…



















Relaxant, apaisant, le bruit tumultueux de l’eau dans la pénombre de la nuit n’est pas sans me rappeler le souffle de la mer à Wissant, et mes premières nuits d’amour sur la côte d’opale. La fraîcheur du ronflement des vagues perçue depuis ma tente est restée en moi comme l’empreinte romantique de mon adolescence. Va vraiment falloir que je pense à laisser tout ça derrière moi…un jour.

L’échos de ce passé et ses indécrottables séquences de vie sera sans doute exaltant, voir excitant. Dommage que je sois avec Agneshka.

Le partage est la première idée qui me vient à l’esprit devant cette beauté primaire, ou plutôt cette beauté première, elle n’a rien de primaire, si ce n’est la nécessité de l’aborder comme telle, dans un élan de plénitude naturel, instinctif…moi qui suis plus cérébrale au quotidien, le transfert est soulageant.














La vie devrait peut être (j’aurais voulu écrire « évidemment »…) retrouver un peu de ce souffle magique et spontané qui fait défaut à notre quotidien urbanisé. Au fond on a tous besoin de revenir a des choses simples ; une tente, des couvertures, promenade à pied…un tajine fumant qui m’attend au retour, des baignades, le ciel étoilé…du sex. J’en ai envie là, pas de chance.











Je pense à Loïc, ce pays, c’est un peu de là qu’il vient aussi, certain trait de son visage se promène chez ces autochtones. C’est lui qui disait que j’avais quelque chose de sexuel en moi. Je pense au Cookie, à Sly, à Jerem…Cette petite métisse me trotte dans la tête, puis une autre personne, mais la nature toute entière me murmure qu’elle n’en vaut pas la peine, elle est trop belle pour me mentir.

C’est vraiment têtu un sentiment. C’est comme un chien battu, tu as beau lui témoigner autant de mépris que de frustration, il revient toujours la tête baissée…

On vient de rentrer d’une soirée magique avec Taïbi, un type formidable, sincère et généreux. C’est dingue a quel point la gentillesse appelle la gentillesse. Il vient de nous raccompagner en pleine nuit jusqu'à notre campement de peur que l’on se perde. Ce qui aurait été le cas d’une façon certaine.

Vers minuit, avant de partir, il nous a conseillé d’attendre que la lune pointe le bout de son nez au dessus des montagnes, sa lumière allait éclairer notre piste.











J’écris dans un cadre qui relève du pure cliché ; éclairé a la bougie, dans une tente berbère bercée par le sifflement de l’eau qui s’écoule, avec une polonaise dont la seule obsession est de ne pas se faire piquer par des bêbêtes (là, elle vient de me faire remarquer qu’il y avait des éclairs dehors, nouvelle obsession : rester au sec.)
Je me sens tellement éloigné de ce genre de considérations pratiques que le l’invite avec toute mon adresse légendaire et mon tact de célibataire (trop) endurci, à se rendormir. (traduire : ferme la et dort !)
Il y a une autre personne en plus du cookie national et de la troupe des grungys qui traverse mes pensées…A l’évidence, c’est sans doute la seule personne qui aura pensé a me souhaiter ma fête le 2 mai (je suis mauvaise langue, j’avais plein de texto sur mon portable a mon retour.). Quand le mec de l’hôtel m’a dit « vous avez un message pour votre anniversaire » (au début j’ai vraiment rien compris…), je lui ai immédiatement répondu après avoir réalisé de quoi il s’agissait « C’est mon père qui m’a écrit… »

Alors là, pour le coup, c’est le genre de trip que j’aimerai partager avec toi. Si tu as pu m’ouvrir les yeux sur les petits bonheurs du luxe, j’aimerai oser te faire partager ceux là.

Bon, j’imagine déjà ta réponse, un truc du genre « Mais je connais ça, j’ai fait la même chose a ton âge, en vieillissant on attend autre chose, moi aussi je faisais les festivals de Torhout Werchter…c’était grunge ! » (ps : le mot grunge ne fais évidemment pas partie de son vocabulaire…)

N’empêche que je pense très fort a toi.

Cette journée et les baignades dans les immenses vasques naturelles de l’Ouzoud m’inspirent plus que les souks de Marrakech et ses palais impériaux.


If I have to switch the light off, I want to switch it off with you.

J’écoute IAMX en même temps que j’écris et cette phrase prend un sens délicatement enrobé par la lumière de la bougie et l’odeur de la cire.

J’aimerai passer une semaine entière ici. Demain Taïbi nous emmène en excursion dans son village berbère et visiter des grottes dans les montagnes.

C’est marrant mais ce dépaysement total met d’autant plus en perspective mon désir de tout quitter pour aller commencer quelque chose de neuf ailleurs. Voir comment je m’en sortirai, ce que j’apprendrai de plus sur moi que je crois déjà savoir.

Depuis tout petit, et c’est d’ailleurs la raison pour laquelle j’ai toujours adoré les personnages de B. Willis, j’ai senti en moi le besoin de me mettre dans une situation à risque, histoire de me prouver que j’agirai avec héroïsme, bravoure…et toujours avec cette pointe d’humour décalé, qui fait tout le cynisme d’un certain John Mc Claine.

J’aimerai pouvoir raconter cette expérience comme un récit initiatique. Je sens bien qu’en dépit d’un certain équilibre dans ma vie spirituelle, physique et sociale, un typhon siphonne bon nombre de mes pensées dans la tourmente.

Bizarrement, l’idée de la mort m’obsède quasi quotidiennement, pas comme une icône morbide, plutôt comme un mystère…le même que celui qui éloigne de plus en plus l’homme et son lien spirituel d’avec la nature. Où est le sens de tout ça en fin de compte ?

Une question de trop qui me laisse naturellement pencher vers la douceur de la mélancolie. Celle qui laisse toujours un rayon de lumière dans la pénombre s’accompagner d’une larme…comme une extase devant une équation fatalement inextricable, et qui pourtant attire vers son centre toute ma gravité. (Dans les deux sens du terme). J’y vois l’infini des galaxies, l’idée incommensurable d’un espace sans limite, qui rien que dans sa formulation contient naturellement son paradoxe originel…ESPACE/LIMITE.

02/05/2007

Quelle journée !

La nuit a été mouvementée, dur de trouver le sommeil au pied d’une cascade en fait !























La rando a commencée vers 10.00, et à 11.30 une étrange crise de panique m’a envahi devant le danger que j’encourrais. Nieshka était accrochée contre la falaise, sous ses pieds, le vide. L’objectif : visiter des grottes, mais pas le circuit touristique. Notre guide Taïbi semble bien confiant en nous. Je dois reconnaître avoir été surpris par le sang froid qu’a su garder Ninish durant cette escapade. Moi, en la voyant dans cette posture, j’ai réalisé le danger encouru et l’irresponsabilité du guide. Si elle glissait, elle y restait. Un vertige ascensionnel m’a soudainement comprimé la poitrine. Le temps de me ressaisir discrètement, sans que personne ne voit la faille qui venait de fissurer la façade de mon assurance, et me voila à l’attaque de ce passage risqué. Ninish ayant survécu, je n’avait plus aucune excuse, voir mieux, une motivation supplémentaire. C’est étrange que je réagisse de la sorte. Le même vertige qu’en République Dominicaine, ou j’ai faillit me noyer en voyant tout le monde équipé d’un gilet de sauvetage en plongée sous-marine, sauf moi.

Quoi qu’il en soit la pulsion de vie bat son plein. J’ose espérer que c’est son professionnalisme qui lui a permis de nous emmener là haut, et non son insouciance. La visite du village est frappante, 700 habitants qui occupent ce sommet depuis 900 ans…Le cimetière est plus grand que le village. Sa maison respire la fraîcheur et l’harmonie, elle sent ce qu’il y a de bon en l’homme : sa détermination a faire avec ce que la nature nous offre.

Plus tard, pause baignade et saut du haut de rocher. Ninish n’est pas capable de prendre la foto au bout moment…la chute doit faire 5 mètres, mais c’est déjà impressionnant.













L’eau est trop froide pour les marocains, ils me regardent me dandiner comme un singe a courir devant eux pour sauter à nouveau (c’est ce que j’ai cru entendre à mon sujet…), puis finissent par m’inviter à manger avec eux. L’hospitalité locale est touchante.

Vers 16.00, Taïbi nous emmène à la source de l’Ouzoud, on respecte cet endroit comme un lieu de culte et de recueillement que la pureté de l’eau mérite amplement. Un dernier Tajine avant notre départ pour Essaouira, plus dans le sud. J’essai d’appréhender avec plus de flexibilité le comportement de Ninish, mais c’est plus fort que moi, par moment l’agacement me rend odieux. (du genre de celui qui se déroule sous mes yeux, elle scrute, bougie à la main, le matelas à la recherche de bêbête, c’est vraiment con parfois une nana.)

05/05/2007










Essaouira, la polonaise me casse les couilles. Faut dire que je la met à rude épreuve et que je fais pas beaucoup d’effort. Trop de sollicitations, trop d’attention réclamée, de question inutile…On est résolument différent.

C’est une superbe ville, on fait le tour assez vite, la région est également resplendissante. Le détail qui me marque le plus, c’est la constante disponibilitée de la nature, et ce malgré un climat extrème. La pêche, et l’arganier en sont les images les plus symboliques. Cet arbre peux vivre 7 années sans une goutte d’eau, il permet la production d’huile, de miel, mais surtout de nourrir les troupeaux qui n’hésitent pas a escalader l’arbre. Une brebis Cliffhanger, c’est assez inattendu. Je prend le temps de me poser et de réfléchir au tournage de « Lapis lazuli », j’ai d’ailleurs trouvé un pendentif ici.










C’est le moment du voyage où je commence a penser au retour, presque à le souhaiter, pour ne plus être dans cet étrange entre deux. Demain nous serons à Casablanca pour la dernière journée du séjour.

Si je devais faire un point, je sais que les montagnes de l’Ouzoud, m’ont particulièrement marquées. Les villes sont superbes, mais je reste étrangement en retrait par rapport à leur civilisation…

samedi 28 avril 2007

Maroc / Marrakech = Essaouira, feuille de route ...

Si je disparais quelque part, ça pourrait vous aider a me retrouver !

Séjour Maroc

29/04/07 au 02/05/07

11.30/ enregistrement
13.10 / décollage Charleroi
14.30/ Arrivée Casablanca

14.50/ Train pour Marrakech depuis l’aéroport Med V (84 dirhams)
20.05/ Arrivée Marrakech
Hébergement :
44 Rue Tarik Ben Ziad Gueliz, Marrakech
1 double, 200 dirhams/nuit
29 au 02 mai, soit 600 dirhams (60€, 30 par personnes)

VISITE DE MARRAKECH

02 au 03 mai
Pas d’hébergement, location voiture pour visiter l’Oukaîmeden.
Dodo dans la caisse.

03/05/07
Départ pour Essaouira depuis Marrakech
10h30 arrivée à 13h30 (Supratours 55,00) 6 € par personnes

Hébergement :
Du 03 au 05
Emeraude hôtel
228, rue Chbanate, Essaouira, 024-47-34-94
44€/ nuit (88€, 44€ par personnes)

05/05/07 :
Randonnée Chameau depuis la Maison du Chameau, sur la route de Marrakech, au km 7, piste de 2 km sur la droite qui conduit à la maison.
RDV : 09h / 35€ la journée (pique nique inclus)
Chambre à 320 dirhams la nuit (15€ par personne)

06/0507 :
Départ de Essaouira pour Casablanca
LA GARE D’AUTOBUS SE TROUVE EN DEHORS DE LA MÉDINA à PEU PRÈS 10 MINUTES à PIED DE HAMMAM DOUKALA, ET POUR CELA VOUS AUREZ BESOIN D’UN PETIT TAXI PAS CHER (4 DH).

Guichet n°6 / Société de transport Nord sur confort, départ 5.30, 65 Dirhams (7 €)

Hébergement :
Chez Hisnou, port. 06-92-90-352 ou 06-34-45-778
16 rue Ibnou Habib, appt n°5, étage 3 (près du croisement entre Bld Elmansour et la rue Socrate, quartier Maarif extension.)

07/05/07 :
Départ pour aéroport
CASABLANCA 07.00 / arrivée Charleroi 12.20




dimanche 22 avril 2007

ce soir...

C'est le grand soir. Ou pas du tout. Encore ces sons, quelques voix qui résonnent, la fin d'un cd qui tourne en bas...et les bruits d'un plastique qu'on retourne...Je déteste ce bruit, c'est comme le cadavre d'un homme qu'on éventre, chaque craquement fait échos à une étrange sensation....Au cinéma je supporte pas d'entendre ce type de bruit, là, je m'en tape, je sais que mon frigo est presque vide et qu'il n'y a rien a tirer dedans !
1er tour des élections présidentielles, soirée entourée d'amie pour mieux se sentir soutenu dans notre flottement de conviction, on en est tous au même point avec quelques nuances qui deviendront peut être avec les années des fossés...Qui sait !
Est-ce que j'ai pris une grande décision today, est-ce que je suis dans le faux, est-ce que je passe à côté d'une histoire dont l'intermitance aurait finit par trouver son rythme...On s'en tape, on fait des choix, et on les vit. En tout cas, je vis le mien avec autant de fierté que possible, sans vouloir rester le jouer d'une peur primale...celle du noir, de la grande foret de l'inconnue !
Même sans torche je reste convaincu qu'on aurait pu trouver un chemin, mais on ne peut pas attendre des autres plus que ce qu'il ne peuvent nous offrir. ça rend forcemment triste, et c'est là qu'est toute la beauté du monde, dans cette singulière façon de vivre la mélancolie et d'en faire une force de création...ou d'expression...ou les deux.

mardi 10 avril 2007

Ligne


Un début, une fin.

La ligne d'une histoire.

La trace de cette ligne.

Toute trace s'éfface.

Le souvenir de cette trace persiste...


Petite pensée du week end devant l'immensité de la mer. En la regardant, en attendant que le soleil se couche sous elle, j'ai du prendre une trentaine de photo...Je les ai quasimment toute effacé. Ce genre de beauté n'a de sens que si on la vie, la saisir m'obsédais, mais en regardant les clichés, j'arrivais pas a retrouver l'émotion 'live'...


C'est celle là qui m'a fait penser a ces lignes...

lundi 2 avril 2007


Ville, vie, dans un cas comme dans l'autre, malgré tout ses défauts, on en a qu'une. Valenciennes m'a vu naître, et j'ai l'étrange sentiment d'appartenir au décor d'ici. Par dessus tout, ce que m'a offert cette ville, aussi insolite que cela puisse paraître, c'est une paternité. J'y ai grandi sans l'affection naturelle que j'aurais pu attendre d'un père, mais elle m'en a offert plusieurs. Je dis 'elle', car chaque personne qui au cours de ma vie est venu saisir ce rôle a toujours été connecté avec l'attraction urbaine...Je me souviens encore si fraîchement de ma 1ere visite en ville étant enfant. Après le divorce de mes parents, nous avons déménagé dans l'Avesnois, Gommegnies, j'ai grandi là bas, puis au re-divorce de ma mère, je suis revenu a Valenciennes.
Le reste de la famille était resté dans la grande ville (elle m'apparaissait spacieuse, titanesque, grisâtre, vaste et violente...), c'était vers 85, mes week-end avec les cousins était pour moi une sorte de grand voyage loin des pâtures dans lesquels je jouais à la guerre avec mes voisins. Les yeux levés vers le ciel, je me souviens du gris, je voyais cette couleur partout, un gris presque sale, pourtant quelque chose me plaisait déjà à ce moment là. J'écoutais mon cousin parler aux vendeuses des magasins, je trouvais ça classe la façon dont il les remerciait "Merci bien, au revoir..." c'est tout con, mais je lui avais fait la remarque : "Waow, comment tu parles...".

Très vite c'est pour le cinéma que j'y allais, en bus puis en train...puis a pied. Seul, j'avais 13 ans, et c'était comme un voyage à l'étranger. Les cinémas du centre, je les ai connu, aimé, puis déserté pour le gaumont.

Je n'ai pas la certitude de vouloir y mourir, mais j'ai la conviction qu'aucune autre ne m'apportera autant de chaleur grise, de défis a relever, de deuil a faire, de marche a grimper vers la satisfaction de s'est fait tout seul. Comme si le socle dont j'avais besoin pour m'élever était tout le temps sous mes pieds.

samedi 31 mars 2007

LAPIS Lazuli...


...est lancé, après 1 nuit d'attente, j'ai enfin obtenu un avis favorable de la commission du CRRAV. Je vis ça comme un tournant dans ma vie. Ça me procure beaucoup d'encouragement de savoir que tant de gens semblent créditer mon scénario. La maison du film court a également fait part de son intérêt en proposant une résidence d'une semaine à mon compositeur, Nicolas, pour la musique du film..."l'aspect cinématographique de votre projet a retenu notre attention..." Cool !
ça me gratte moins depuis un petit bout temps, le mycoplasme et ses suspicions de culpabilité s'en sont également allées...Mes obsessions a vouloir plier le caractère d'une certaine personne à ma vision du bonheur ont également laissé place a plus d'espace et de flexibilité dans la distance a entretenir cette relation.
Bref, si période de brouillard il y a eu, elle s'en est dissipé pour me laisser entre apercevoir un horizon bien balisé.


J'ai retrouvé cette photo prise lors du tournage du clip de LABO, je me souviens très bien de ce a quoi je pensais, "est ce que j'ai pensé a tout, ok, on a ça, le raccord est bon, le contre champs, un plan d'ensemble...merde y manque quelque chose..."
J'ai hâte de me reposer les mêmes questions en septembre prochain.

L'adresse du blog du film, info, MAJ, database...
LAPIS LAZULI, le site...

samedi 17 mars 2007

R-e-c-a-l-a-g-e


Y'a dans ce tableau trouvé au détour d'une ruelle aux façades rongées, un magnétisme qui m'a instinctivement accroché. Sans doute l'omniprésence d'un onirisme lié à l'enfance, une série de symbole que j'ai vu sans les percevoir, ou l'inverse.
Je crois que le paysage désertique, et la trouée blanche du ciel, comme un spot qui perce depuis l'arrière la toile rendant la peinture utilisée incandescente, joue le rôle d'un trou noir pour moi, j'ai l'impression que l'orifice est sans fin, sans issue.

La route brûlée, le croisement, plutôt le carrefour, ou alors des galeries souterraines, l'idée reste la même...la clandestinité.
Une chose est sure, c'est qu'au dehors, les voitures flottent parmi les bateaux à hélices et les nuages. L'attraction terrestre ne semble alors s'appliquer que dans les entrailles de la terre, elle est tellement pesante qu’elle fond les carcasses dans la boue.
Au loin on voit un toit de maison, ou un triangle dépasser qui m'évoque clairement un foyer. La palette des couleurs mal restituée par la qualité de la photo dessine un souvenir effacé par la temps mais frai dans la mémoire, comme l'empreinte d'un pas figé dans une flaque de boue couverte de neige.
Tout ça fait le tour de mon petit univers et des ses vilains fantômes...j'aurais tellement aimé avoir de l'argent et me le payer, pour le regarder comme quand j'écoute un CD, le soir ou j'ai envie de plonger.
Il y a quelque chose de dramatique dans le processus, une fatalité liée à sa définition même...C'est qu'il est marche, mais qu'il n'est pas encore abouti. Je ressens ça dans ce tableau.
Il y a dans le recalage également l'idée de rapprocher des morceaux qu'un certain processus aurait pu éloigner...Alors forcément on peut pas recaler les continents, ce processus là n'est pas dramatique en soit, le fait même qu'il soit naturel le rend beau. Mais on peut recaler des morceaux de soi même, comme on pourrait rapprocher ces jouets flottants dans le ciel, ou les faire rouler sur la ligne d'horizon dans un souffle intense de liberté, pas besoin de route pour rouler, juste d'une ligne d'horizon. J'suis vraiment content qu'elle ne soit pas embrumée, ni sur le tableau, ni dans mon esprit, cette ligne.

Ce petit toit tout pointu est le centre nerveux de ce tableau, le point de fuite subjectif dans lequel je projette tout le chemin qu'il reste à faire sur la longue ligne horizontale.
A bien y réfléchir faudrait allonger notre conception du temps, l'écoulement sous tend la chute de ce qui est déjà passé, si on allongeait le temps sur l'horizon, comme pour le faire dorer au soleil, les lois de l’attraction ferait voler chaque seconde usagée. Elles flotteraient alors parmi les jouets volant…cette idée me plait assez. Elle est là, je la vois.

mercredi 7 mars 2007

Nocturne_

Ne pas savoir ce qu'il y a derrière la porte du fond du jardin, celle qui, recouverte de lierre donne sur un immense champs ou rien ne pousse depuis longtemps. On y est souvent attiré à cet endroit, à force de jouer dans le jardin, la balançoire finit par me donner la gerbe. Et pourtant j'ai rarement franchi les barbelés, peut-être une ou deux fois pour aller récupéré le ballon qui était passé au dessus...
Putain, ça fait depuis 2004 que je suis coincé sur ce gazon bien tondu, attaché à un boulet, ou peut être le boulet lui même (t'as bien raison sur ce point petite chatte), mais un type de boulet révolutionnaire. Pas du genre qui te coule au fond de l'eau, ou t'emporte dans un précipice sans fond, nan le mien il est assez spécial.
Il flotte, il ne se pose jamais plus, le flottement c'est comme faire pause sur une image et la regarder de tous les points de vue imaginables, le truc c'est que si le temps du film est arrêté, celui de la vie continue.
Y'a pas de doute, j'ai pris un coup sévère, avaler une pilule mutante qui a transformé plein de chose en moi. Je m'en rend compte ce soir plus que d'habitude, les choses normales comme le désir pour quelqu'un, l'irrépressible envie d'être a l'intérieur, l'idée folle de s'abandonner pleinement pour une autre personne, est-ce grave si j'arrive plus a le concevoir ?
ça va durer longtemps ?
J'en viens souvent a penser a ce que j'ai pu ressentir au moment le plus critique de ma relation passée. La terreur, je crois sincèrement que le mot est juste. Si j'en crois ce que les films, l'Histoire, ou les simples récit de personne traumatisées en disent, et bien que la mienne soit toute subjective, c'est ça ce que j'ai vécu. Vivre avec l'impression d'être constamment étouffé par un poids sur la poitrine, avoir les tendons d’Achille sectionnés, mais devoir continuer d'avancer, parce qu'il le faut, sinon c'est la chute. ça fait chié d'être autant obsédé par soi même, alors que depuis qu'elle est partie, même si j'ai toujours peur d'apprendre sa fin, je suis tellement plus heureux, tellement plus moi même, c'est con ça quand on sait pas vraiment qui on est...
Je vibre de tout mon corps a le tremper d'émotion pour des morceaux de musique, des films, des courses effrénées dans des paysages sauvages, et j'arrive pas a entrevoir un début de relation avec quelqu'un qui pourtant n'a que des qualités.
J'aurais du en parler plus tôt, il me l'avait dit, il me l'a dit plusieurs fois, chaque fois qu'il me demandait "Et toi, comment ça va ?" et que je répondais "Bien, moi ça va bien...", alors il ajoutais avec plein d'inquiétude "Ah oui, ça va toujours pour toi de toute façon, c'est jamais important hein..."
...et là, je souriais au téléphone, je me sentait tout nu, tout con comme quand petit je me cachais sous la table pour mettre mes lunettes sans que personne ne le voit.
Faudrait sans doute commencer par là, les lunettes, pourquoi j'ai toujours eu honte d'en porter ?
On se croirait dans une mauvaise analyse de psy formé par abonnement à Télé 7 jours...
Faut que j'arrête, j'ai enfin envie de dormir.

mardi 6 mars 2007

Ego_Sum


Liquide amniotique ou eau javellisé, sans conteste le passage de l'un à l'autre aurait laissait des marques indélébiles dans ce que je m'apprête à appréhender comme le monde. Cette photo est la première que j'ai prise dans une baignoire, pas n'importe laquelle, celle du "New York PALACE, Budapest / HU. Il se trouve que le seul gadget intéressant de mon nouvel appareil photo est son imperméabilité à l'eau jusqu'a 5 mètres de profondeur, performance qu'il ne semble pas vouloir égaler dans la qualité de prise de vue normal. Néanmoins, il a provoqué en moi une sorte de bouffée boulimique de photo aquatique de moi...en apesanteur dans l'eau. Culture a raison, l'apesanteur devient une obsession pour moi, particulièrement à Budapest.
J'ai pas l'intention de raconter tout le bonheur que j'ai eu a voyager en Hongrie avec Culturman, mais plutôt de donner un aperçu en image de l'énergie, du mouvement, de l'abstraction progressive que m'a évoqué l'ambiance de cette ville, ses façades décharnées, son calme et sa curiosité latente...
Voici donc a cette adresse un bref condensé en image, un journal intime animé, un blog écrit avec des pixels en guise de mot :

(cliquer sur download...)

ps: à la relecture de ce post, je viens étrangement de me souvenir que le rêve le plus récurent que je faisait étant petit, était très proche de mon obsession des lois de la physique...je me voyais tomber et j'observais en même temps la chute de mon petit corps à travers mon regard, dans la montée d'escalier de ma première maison après le divorce de mes parents.
C'est très net, car cette sensation de chute au ralenti m'est devenue familière a force d'être vécu durant mes nuits de sommeil. Quelque part entre le doux souvenir de mon enfance et l'onirisme de cette situation doit se trouver ma définition de l'apesanteur...

samedi 17 février 2007

Décallage.


Février, habituellement c'est le mois que je redoute le plus. Souvent il fait super froid, et on se dit que mars est pire, car plus long. Là, je dois reconnaître qu'avec le réchauffement climatique, les 13° de moyenne rende mon appréciation hivernale plus tolérable.
Février c'est également le début d'un engrenage irréversible pour moi. Les premières commissions pour mon projet ont commencé. Le DEFI JEUNE m'a accordé une aide de 6000 €, le Crrav rend son verdict le 23 mars...et les repérages vont enfin pouvoir commencé, demain.
Février me gratte. Une allergie, ou plutôt une réaction psychosomatique à toute l'angoisse que génère en moi ce grand saut que je m'apprête à faire, je parle de "Lapis Lazuli" bien entendu. En me concentrant bien, je me suis souvenu avoir également contracté ce type d'allergie durant la période de préparation du clip de LABO, l'angoisse de pas être à la hauteur, l'impatience de s'imposer un défi, physiquement, ça me réussit pas trop en tout cas. A chaque dépassement émotif, ou lors d'un effort physique prolongé, des aiguilles me triturent des points scrupuleusement localisés; sous les pectoraux, les fesses, les omoplates, derrière les genoux, toujours de façon étrangement symétrique. J'espère trouver une solution à ça.
Février. Un décalage de plus en plus net me conforte dans l'idée que je fonctionne d'une certaine façon, je mets indéniablement tout en oeuvre pour vivre des moments forts avec les personnes qui me sont proches. Quitte à laisser d'autres personnes sur le carreau, je ne m’emmerde pas avec les détails d'une attitude paralysée par des principes de respect. Où est le respect si pour tenir un engagement je finirais par me forcer a trouver ça normal de ne pas avoir pu profiter du temps que j'aurais aimé placer ailleurs. En fait c'est un discours ultralibéral du temps que je tiens là. Pourtant je ne suis pas franchement tenté par les excès de nos sociétés de consommation. Mais le temps, c'est vraiment un concept qui me fait peur. C'est le squelette qui se cache sous le canapé. Quand petit je regardais la télé, j'avais peur de laisser pendre mes pieds dans le vide, le temps qui passe me file le même vertige du vide...faut absolument que je trouve un moyen de le ralentir ou de prolonger mon sentiment du temps qui passe.
Février, c'est le mois où je me suis a nouveau confronté à ce fameux décalage qui m'a toujours séparé des gens dont je me suis épris au cours de ma vie, fille ou garçon, ça rend étrangement seul de rester sois même...Au même moment, je me sens toujours fiers néanmoins d'être celui la et pas un autre. L'autre c'est toujours celui qui fuie.

Tout compte fait, "ceux qui se fatigue de tout...même d'être aimé" sont des cons. Je vois pas ce qu'il y a de plus précieux que de partager, s'enrichir, appréhender celui qui est capable d'aimer. Le reste finit par disparaître, sans laisser de trace. La capacité a faire un choix m'a très souvent amené a faire le mauvais, mais aujourd'hui plus qu'hier, je trouve ça beaucoup plus respectable que de se cacher derrière des principes. Ceux que font la grande majorité des gens pour mieux enterrer leur incapacité à affronter le mouvement perpétuel de la vie. On me voit souvent comme insouciant, jeune, branleur capricieux...LET IT BE, fuck the rest and stab it dead.

dimanche 28 janvier 2007

WAKE

La Meuse...J'en reviens ce soir. Je l'ai trouvé étrangement plus froide que le Danube. Peut-être est-ce à cause du voile d'humidité qui recouvre d'une brume grisâtre les maisons, les feuilles mortes, les ponts.
Le pont... le traverser avec le plaisir de ne pas savoir ce qui se trouve de l'autre côté, ou plutôt de volontairement l'oublier pour essayer de se surprendre, d'imaginer un monde différent, de fantasmer un univers moins chiant, moins sérieux.
Le voyage est le seul pont de substitution que j'ai trouvé à tout le reste. L'inconnu, le désir de se perdre, l'improbable rencontre. Ou bien simplement la fragile certitude qu'ailleurs les VIES sont pas les mêmes. Je me souviens très bien avoir dit ça à Benjamin pour l'encourager a partir. Pour lui donner d'avantage de chance de trouver ce qui lui convient.

Et moi, je me demande ce soir ce qui me convient le mieux, le statu quo, l'excès, l'oubli. Quand j'observe les belges, ils me font trop rire. Les belges ont ce côté moins chiant, moins sérieux, moins touchant aussi, moins tourmenté. Sans doute l'histoire collective du pays y est pour quelque chose...ou pas.
Je pense que je suis tourmenté, on est le 28, ça fait 6 jours...que j'ai pris 1 an de plus. Je sais pas comment agencer les mots pour monter ma phrase. C'est débile. Depuis le début je sais ce que je veux écrire...et quand je me relis, j'efface tout en me disant que ça regarde que moi. Pourtant il est juste question de moi et des autres. Y'a un truc absurde dans le "cycle", c'est qu'on tourne autour du centre sans jamais le toucher. Pourtant je sens bien que je tend vers le centre, comme vers quelque chose de VRAI, de sure...
...Va falloir du temps pour y arriver, a plus tourner en rond avec les saisons.

samedi 20 janvier 2007

Budapest, ou l'apesanteur retrouvée...

Jeudi 11 janvier, départ pour Budapest, c’est la 2ème fois que je visiterai cette ville. Habitué a voyager seul dans les pays de l’est, je propose néanmoins à sylvain de me rejoindre. Nous décollons à 21h.

A peine sortie de l’aéroport, et soucieux de faire des économies…Je fonce dans le premier bus qui passe, sans chercher a savoir où il va exactement. Par chance, ce dernier nous dépose au terminus de la ligne, à Negliget. De là, un couple de jeune nous renseigne sur un autre bus qui mène au centre ville. De loin, on le voit arriver, après quelques secondes d’hésitation, je cours en criant et le chauffeur nous attend. J’ignore par quel mystère, mais on retrouve dans le car le couple hongrois…Pourtant, ils ne nous suivait pas, les Carpates n’étant pas loin…rien ne me parait impossible.

Le bus amoché nous dépose tant bien que mal près de la gare de Nuygati, où est sensé se trouvé l’auberge de jeunesse « Yellow submarine ». Il est 00.30. On trouve très facilement l’Auberge et une serrure a code dotée d’un interphone. 1 essai, personne…étrange, on persiste. Au 6 ou 7ème, une voix granuleuse de celle qu’on réveille en pleine nuit me rassure. On check le lit. Un dortoir de 12…vide avec seulement nous deux. Il fait très chaud là dedans.

De la haut, on distingue la splendide gare à l’architecture tourmenté, un grand écran qui diffuse des images style MTV, un prompteur qui annonce une température qui doit sans doute inquiétée tous les Hongrois. Il fait 5 °…Nous sommes le 12, une balade nocturne s’impose dans cette silencieuse métropole. Sur le chemin du baroque parlement de Buda, quelques groupes d’ados canette de bière à la main me donne fugacement l’envie d’être hongrois à ce moment précis. Il pleut, le Danube bleu ne m’avais pas encore semblé si noir dans cette nuit humide. Impatient d’entamer la journée chargée du lendemain, nous rentrons. Sur le chemin, je me demande ce que ressent Sylvain, j’ai encore ce soir là les traces fraîches de mes premiers pas dans la neige qui recouvrait alors la colline du château…c’était il y a 2 ans. Ça me semble moins, j’espère qu’il est autant excité que je l’étais.

L’apesanteur existe [encore]

Réveil très tôt, programme chargé. Direction la gare centrale, pas celle face à l’hôtel.

Le métro de Budapest s’enfonce tellement profondément…que l’escalator qui nous y descend me donne une soudaine envie de glissade le long de ce gigantesque toboggan métallique qui sépare ceux qui montent de ceux qui descendent. Mais, après un furtif moment de réflexion, j’oublie cette idée. On trouve assez facilement les horaires du train qui doit nous mener demain matin dés 6.30 à Pecs (prononcez pétché…), là je dois rencontrer un ami de Culture-Man, un hongrois, ancien prof qu’il a rencontré dans le cadre d’un échange il y a bien longtemps. Je me dis que c’est génial de pouvoir checké un local. Le billet est réservé.

On redescend sous terre, signe prémonitoire on se fait contrôler à la sortie du métro, j’étais heureux d’avoir payé à ce moment là, si j’avais su, je l’aurais fait systématiquement…on se dirige vers la ligne 2 du tramway qui nous permettra de longer le Danube et toutes ses splendides façades et monument. Au terminus, je monte innocemment dans le tram d’en face, qui selon ma logique, fais la même route dans l’autre sens. Pas de chance, ce n’était pas le cas. Progressivement on s’enfonce dans cette ville à l’allure défoncée, des maisons usée aux blocs collectifs des années 70, mon regard s’arrête sur le moindre détail. Les passants, le mobilier de la ville, les stations essences…le soleil qui impose ses rayons de plus en plus fièrement sur le Danube, fait briller mes yeux. Il fait 15°, mon cuir me porte trop chaud, je suis bien.

Direction le quartier historique de Buda. On longe les remparts extérieurs et faisons la connaissance de la basilique baroque de Saint Mathias, puis le bastion des pécheurs. C’est magnifique, on dirait un décor de film. A ce moment là, j’ai la musique de Ghinzu dans la tête, j’imagine un ‘Dragon’ qui hésite a craché son feu de peur de noircir la blancheur de la pierre. Le vent souffle c’est incroyable, par moment c’est dur d’avancer. Je pense a Olivier…je me dis qu’il aurait forcément parler de Kite à ce moment là. La visite se prolonge, les transports en commun nous permettent de nous rendre facilement d’un côté à l’autre du danube. De là haut, les trois ponts principaux s’étirent entre l’eau et le ciel dans des styles différent. Le fameux pont des chaînes, le pont marguerite et un troisième dont j’arrive pas a traduire le nom…C’est d’ailleurs mon favori. Fait de métal, peint en vert, il m’évoque San Francisco…J’y suis pourtant jamais allé et ignore carrément si il y a un pont de ce type la bas, mémoire collective, préjugé, souvenirs lointain peut être.

La basilique Saint Etienne m’avais marqué, pas très loin se trouve la boutique d’une styliste que j’adore. ‘AquatiK’, c’est le nom du shop, l’année dernière j’avais ramené un jean unique, cette année encore, j’ai trouvé un pantalon dont je pourrai me targuer d’être le seul à le porter en France…J’aime beaucoup cette idée (pourtant c’est con…)

J’ai faim, l’air de rien, on a pas mal marché. Un fast-food gastronomique recommandé par le guide que m’a gentiment offert la culture me calle…C’est assez rigolo, imaginez une quinzaine de petit toast que vous choisissez, ils ont tous l’air d’un gâteau, plein de couleur, ça coûte rien.

C’est parti pour Andrassy, l’avenue principale de Budapest, leur champ Élysée National. Sur la route, le flamboyant opéra nationale m’aspire, on rentre…jette un œil intimidé par toute cette surenchère de détail. Puis le programme apparaît près d’une caisse…Ce dimanche se joue « Le crépuscule des Dieux » de Wagner. Qu’est ce que pouvait être un opéra de cette ampleur dans une telle salle…une seule façon de le savoir. Le spectacle dure 5 heures, excité par cette nouvelle expérience, je range précieusement les tickets dans une poche secrète. Plus loin « « le musée de la terreur », on s’y arrête. La visite dure 2 heures. Je reste très perturbé par la muséographie de ce bâtiment qui servit successivement aux services de renseignement nazi et communiste. La torture, les exécutions, les rafles, les épisodes de délation…l’obscure et violent passé de la Hongrie nous saute aux yeux dans des mises en scène sophistiquées et souvent dérangeantes.

17.00, il est temps de me laver l’esprit de toute cette merde. Les bains Szécheny, 2ème complexe thermal d’Europe attisent ma curiosité. En maillot de bain, je regarde curieusement les baigneurs dans d’immenses piscines extérieures…Il fait tout de même pas très chaud, un nuage de vapeur recouvre l’eau chaude des bains dans lesquels de fleurissante fontaines arrosent les chanceux qui se trouvent en dessous. C’est ici que j’ai renoué avec l’apesanteur. Celle qui instinctivement m’amène à prendre une position de fœtus dans l’eau. C’est curieux, j’ai oublié cette sensation, mais je n’ose pas imaginer m’en souvenir. Celle d’un noyaux chaud, qui me protège du reste…et pourtant j’ai pas le choix, ma tête hors de l’eau est séchée par le vent froid. Bébé, j’ai vraiment du pas être content de sortir de là !

On sort après 3 heures passées dans l’eau. Convaincu que lors de cette déchirure avec la nature, on a vraiment tout perdu. Pas très loin, la place des héros. Magnifiquement éclairée, sur laquelle trônent plusieurs sculptures émouvantes.

Journée épuisante, mais cette fatigue je l’aime bien…Elle me donne envie de partager mon sommeil avec quelqu’un…j’y pense, mais pas trop quand même.

Pecs.

Le train part, Sly et moi on termine la nuit dedans, doucement ballotté dans ce qui est un train express, leur TGV intercity. Arrivé à la gare de Pecs, encore une fois la folie de se perdre me pousse a sauter dans le 1er bus qui passe. Il nous dépose Szécheny Square, de là où toutes les rues partent pour découvrir cette mystérieuse ville de 100 000 habitants. Szécheny est un gars très important pour les Hongrois, scientifique qui est à l’origine de la bombe atomique…Il a profondément modernisé la Hongrie, d’après ce que les Hongrois m’en dise. Toutes les façades retiennent mon attention…Mais ce qui me choque le plus, c’est le silence. En plein samedi après midi…même si les rues sont remplies, les hongrois sont calmes. Plus tard on décide de suivre le conseil d’une dame qui nous avait parlé de bain à Harcany, près de là où nous sommes…40 minutes de bus avec la peur de louper le bon arrêt. Mes yeux scrutent discrètement ma voisine d’en face, elle est charmante, ne parle pas trop l’anglais, mais semble connaître le mot « Swiming pool ». On arrive au milieu d’un village de vacance désert…les rues sont vides, bordées d’hôtel morts aux enseignes éteintes…aucune lumière et toujours le même calme. Ce côté quatrième dimension, m’avait beaucoup touché à Druskiniskai en Lituanie…c’était également une station thermale reconnue dans laquelle viennent se soigner les enfants malformés de Biélorussie et d’Ukraine à cause de la radioactivité.

On repart un peu déçu…C’est glauque, la piscine ressemble à une pataugeoire populaire pour touristes attardés. Un splendide couché de soleil nous fait patienter sous des couleurs soyeuses le bus qui doit nous déposer à 18.00 pour rencontrer Andras.

17.45, on repasse par la chambre que nous a louée un petit bonhomme au pull en laine rouge collant, l’hôtel que je cherchais étant fermé pour la saison. Un appart surchauffé au mobilier ringard mais tellement réconfortant, nous attend… loin de ce côté froid et impersonnel des hôtels…On sentait bien que des gens avaient dormi dans ces lits, mangé dans cette pièce…comme chez eux. Je me sentais bien dans cet endroit…Je crois que même crade je m'y serai plu !

La rencontre avec Andras se passe très bien…j’essais tant bien que mal de maintenir une discussion en anglais, il se débrouille bien. On déguste 2 spécialités locales sucrées…trop bon. Gentiment, lui et sa femme Clara nous proposent un concert de musique classique…Je découvre Bartok Bella, j’accroche beaucoup…Je pense à mon frère Benjamin en écoutant cette musique émouvante. Les mouvements épileptiques du chef d’orchestre me fascine…parfois j’imagine mon papi en le voyant faire de grand mouvement avec ses bras. C’est tellement généreux de donner cette sensation de n’appartenir plus qu’à la musique pour le plaisir de mes oreilles. Je pense à un film aussi, j’imagine une histoire, je pense à mon grand père, j’aurais aimé le voir faire ces grands signes avec des cheveux gris.

On rentre épuisé après un restaurant copieux…là bas, ils mangent beaucoup !
Avant de se quitter, Andras nous propose de nous raccompagner à Budapest le lendemain et de passer la journée ensemble. Volontiers, on accepte.

Décollage vers 09h. Le ciel est toujours aussi bleu, la température clémente…près de15 ° vers 11h lorsqu’on arrive à Budapest. On décide de visiter ensemble une galerie de tunnel qui relie l’entrée nord de Pest à celle au sud. Une blague stupide nous attend à l’intérieur de ce labyrinthe musée. Un jeu pour enfant m’amuse beaucoup, dans le noir absolu, je suis une corde qui me sort de ce dédale, au début c’est un peu flippant. Mais très vite ma sensibilité s’adapte et le moindre trait de lumière gâche cette peur primaire du noir…J’ai vainement essayé d’effrayer un gamin en poussant un rugissement, mais ça l’a fait rire. Faut dire que j’ai du mal à faire peur en général…j’veux dire vraiment peur.

Je m’impatiente à l’idée d’aller à l’opéra, mais avant Andras nous fait découvrir Szentendre, magnifique petit village accroché sur le bord d’une rive du Danube. Petit, sinueux, accueillant, ce village me rappelle Wissant…J’ai qu’une hâte, y retourner pour faire partager a quelqu’un cette impression. Avant de partir, je vais plonger ma main dans l’eau…pour pouvoir dire « je l’ai touché, ce long Danube bleu »…D’ailleurs j’ai trouvé l’eau relativement propre.

Andras nous dépose, on fonce à l’opéra. C’est en Allemand sous titré Hongrois…ça pose nécessairement un problème durant l’acte 1…Mais la douceur de l’acoustique, le tourment des arrangements, le chants des choristes me font oublier l’histoire que je ne saisis pas encore bien. Parfois je m’endors. Je me dis que j’adorerais dormir. Mais pas de chance…j’sui au deuxième rang et y’a rien pour m’appuyer. Au 2ème acte, Sly et moi avons plus ou moins compris les enjeux qui se nouent dans ce drame…mais beaucoup de zone d’ombre persistent. A la deuxième pause, un vieux monsieur, sans cheveux, sans beaucoup de temps a vivre et sans cœur m’agresse pour avoir retiré mes chaussures durant le spectacle. Il m’a vu les remettre à l’entracte. J’ai eu de la chance d’avoir demandé juste avant un livret pour comprendre mieux l’opéra de ce soir au couple de notre balcon. Si ce dernier ne m’avait pas rappelé en pensant que j’allais partir avec son livret…je serais peut-être encore en train de me prendre la tête avec ce bourgeois réactionnaire. En même temps je me dis que c’est a moi de faire pattes blanches…Je ne suis pas convaincu par toutes ses conventions stupides, costumes, robe de soirée, hypocrisie mondaine, principes débiles…frustrations peut être. C’est vrai que dans ce théâtre baroque moi en sportwear, avec mon nouveau jean stylé et mon tee-shirt Diésel, ça faisait tache blanche. Pourquoi tout est aussi sérieux, je veux dire l’art c’est du sensible fait pour être partager, le fait que je m’habille différemment de tous ses croques morts n’influe en rien leur destin…et moi encore celui de l’opéra. Pourtant je la ferme, je pousse cette rébellion au fond de moi, et je ne cesserai de la ravaler durant tout le 3ème acte à chaque regard porté sur mon voisin en fin de vie.

Le spectacle quand a lui est total, prodigieux décors, centaine de figurants, animaux sur scène, orchestre impeccable…Je tombe amoureux de l’opéra ! L’apesanteur renaît.

Mon sommeil est profond.

Le lendemain, on décide de profiter une dernière fois des vertus thermale de Budapest et allons aux bains Gellerts. Ceux que j’avais visités en 2005. Plusieurs passages successifs entre une eau à 38° et une autre à 8 ° me donne la sensation d’être un sportif de haut niveau. Essoufflements, plaisir de l’épuisement, jouissance du moment présent, de plus en plus urgent est mon envie de revenir avec des gens que j’aime.

12.00, on sort…12.40, on mange…Oups, faut qu’on s’affole, l’avion décolle dans moins de 2 heures…et on ne sait pas encore comment aller à l’aéroport, de plus faut repasser par l’auberge.

Le métro nous engloutit a nouveau…et un contrôle des titres de transport nous ralenti encore plus. Sylvain est retenu en otage, je vais chercher de quoi payer l’amende. Ça fait chier. Plus la peine de courir, pour maintenant c’est le taxi ou l’asile prolifique en Hongrie.

Aéroport, check-in, boarding, take off, landing…Charleroi nous voila, galère de train jusqu'à Peruwelz où ma super maman vient nous ramasser…

Dans l’avion j’ai pensé a Kevin, lui qui n’a pas encore décoller en avion…j’aimerai être avec toi le jour de cette première fois. Les premières fois on s’en souvient, même quand c’est nul d’ailleurs.