samedi 31 mars 2007

LAPIS Lazuli...


...est lancé, après 1 nuit d'attente, j'ai enfin obtenu un avis favorable de la commission du CRRAV. Je vis ça comme un tournant dans ma vie. Ça me procure beaucoup d'encouragement de savoir que tant de gens semblent créditer mon scénario. La maison du film court a également fait part de son intérêt en proposant une résidence d'une semaine à mon compositeur, Nicolas, pour la musique du film..."l'aspect cinématographique de votre projet a retenu notre attention..." Cool !
ça me gratte moins depuis un petit bout temps, le mycoplasme et ses suspicions de culpabilité s'en sont également allées...Mes obsessions a vouloir plier le caractère d'une certaine personne à ma vision du bonheur ont également laissé place a plus d'espace et de flexibilité dans la distance a entretenir cette relation.
Bref, si période de brouillard il y a eu, elle s'en est dissipé pour me laisser entre apercevoir un horizon bien balisé.


J'ai retrouvé cette photo prise lors du tournage du clip de LABO, je me souviens très bien de ce a quoi je pensais, "est ce que j'ai pensé a tout, ok, on a ça, le raccord est bon, le contre champs, un plan d'ensemble...merde y manque quelque chose..."
J'ai hâte de me reposer les mêmes questions en septembre prochain.

L'adresse du blog du film, info, MAJ, database...
LAPIS LAZULI, le site...

samedi 17 mars 2007

R-e-c-a-l-a-g-e


Y'a dans ce tableau trouvé au détour d'une ruelle aux façades rongées, un magnétisme qui m'a instinctivement accroché. Sans doute l'omniprésence d'un onirisme lié à l'enfance, une série de symbole que j'ai vu sans les percevoir, ou l'inverse.
Je crois que le paysage désertique, et la trouée blanche du ciel, comme un spot qui perce depuis l'arrière la toile rendant la peinture utilisée incandescente, joue le rôle d'un trou noir pour moi, j'ai l'impression que l'orifice est sans fin, sans issue.

La route brûlée, le croisement, plutôt le carrefour, ou alors des galeries souterraines, l'idée reste la même...la clandestinité.
Une chose est sure, c'est qu'au dehors, les voitures flottent parmi les bateaux à hélices et les nuages. L'attraction terrestre ne semble alors s'appliquer que dans les entrailles de la terre, elle est tellement pesante qu’elle fond les carcasses dans la boue.
Au loin on voit un toit de maison, ou un triangle dépasser qui m'évoque clairement un foyer. La palette des couleurs mal restituée par la qualité de la photo dessine un souvenir effacé par la temps mais frai dans la mémoire, comme l'empreinte d'un pas figé dans une flaque de boue couverte de neige.
Tout ça fait le tour de mon petit univers et des ses vilains fantômes...j'aurais tellement aimé avoir de l'argent et me le payer, pour le regarder comme quand j'écoute un CD, le soir ou j'ai envie de plonger.
Il y a quelque chose de dramatique dans le processus, une fatalité liée à sa définition même...C'est qu'il est marche, mais qu'il n'est pas encore abouti. Je ressens ça dans ce tableau.
Il y a dans le recalage également l'idée de rapprocher des morceaux qu'un certain processus aurait pu éloigner...Alors forcément on peut pas recaler les continents, ce processus là n'est pas dramatique en soit, le fait même qu'il soit naturel le rend beau. Mais on peut recaler des morceaux de soi même, comme on pourrait rapprocher ces jouets flottants dans le ciel, ou les faire rouler sur la ligne d'horizon dans un souffle intense de liberté, pas besoin de route pour rouler, juste d'une ligne d'horizon. J'suis vraiment content qu'elle ne soit pas embrumée, ni sur le tableau, ni dans mon esprit, cette ligne.

Ce petit toit tout pointu est le centre nerveux de ce tableau, le point de fuite subjectif dans lequel je projette tout le chemin qu'il reste à faire sur la longue ligne horizontale.
A bien y réfléchir faudrait allonger notre conception du temps, l'écoulement sous tend la chute de ce qui est déjà passé, si on allongeait le temps sur l'horizon, comme pour le faire dorer au soleil, les lois de l’attraction ferait voler chaque seconde usagée. Elles flotteraient alors parmi les jouets volant…cette idée me plait assez. Elle est là, je la vois.

mercredi 7 mars 2007

Nocturne_

Ne pas savoir ce qu'il y a derrière la porte du fond du jardin, celle qui, recouverte de lierre donne sur un immense champs ou rien ne pousse depuis longtemps. On y est souvent attiré à cet endroit, à force de jouer dans le jardin, la balançoire finit par me donner la gerbe. Et pourtant j'ai rarement franchi les barbelés, peut-être une ou deux fois pour aller récupéré le ballon qui était passé au dessus...
Putain, ça fait depuis 2004 que je suis coincé sur ce gazon bien tondu, attaché à un boulet, ou peut être le boulet lui même (t'as bien raison sur ce point petite chatte), mais un type de boulet révolutionnaire. Pas du genre qui te coule au fond de l'eau, ou t'emporte dans un précipice sans fond, nan le mien il est assez spécial.
Il flotte, il ne se pose jamais plus, le flottement c'est comme faire pause sur une image et la regarder de tous les points de vue imaginables, le truc c'est que si le temps du film est arrêté, celui de la vie continue.
Y'a pas de doute, j'ai pris un coup sévère, avaler une pilule mutante qui a transformé plein de chose en moi. Je m'en rend compte ce soir plus que d'habitude, les choses normales comme le désir pour quelqu'un, l'irrépressible envie d'être a l'intérieur, l'idée folle de s'abandonner pleinement pour une autre personne, est-ce grave si j'arrive plus a le concevoir ?
ça va durer longtemps ?
J'en viens souvent a penser a ce que j'ai pu ressentir au moment le plus critique de ma relation passée. La terreur, je crois sincèrement que le mot est juste. Si j'en crois ce que les films, l'Histoire, ou les simples récit de personne traumatisées en disent, et bien que la mienne soit toute subjective, c'est ça ce que j'ai vécu. Vivre avec l'impression d'être constamment étouffé par un poids sur la poitrine, avoir les tendons d’Achille sectionnés, mais devoir continuer d'avancer, parce qu'il le faut, sinon c'est la chute. ça fait chié d'être autant obsédé par soi même, alors que depuis qu'elle est partie, même si j'ai toujours peur d'apprendre sa fin, je suis tellement plus heureux, tellement plus moi même, c'est con ça quand on sait pas vraiment qui on est...
Je vibre de tout mon corps a le tremper d'émotion pour des morceaux de musique, des films, des courses effrénées dans des paysages sauvages, et j'arrive pas a entrevoir un début de relation avec quelqu'un qui pourtant n'a que des qualités.
J'aurais du en parler plus tôt, il me l'avait dit, il me l'a dit plusieurs fois, chaque fois qu'il me demandait "Et toi, comment ça va ?" et que je répondais "Bien, moi ça va bien...", alors il ajoutais avec plein d'inquiétude "Ah oui, ça va toujours pour toi de toute façon, c'est jamais important hein..."
...et là, je souriais au téléphone, je me sentait tout nu, tout con comme quand petit je me cachais sous la table pour mettre mes lunettes sans que personne ne le voit.
Faudrait sans doute commencer par là, les lunettes, pourquoi j'ai toujours eu honte d'en porter ?
On se croirait dans une mauvaise analyse de psy formé par abonnement à Télé 7 jours...
Faut que j'arrête, j'ai enfin envie de dormir.

mardi 6 mars 2007

Ego_Sum


Liquide amniotique ou eau javellisé, sans conteste le passage de l'un à l'autre aurait laissait des marques indélébiles dans ce que je m'apprête à appréhender comme le monde. Cette photo est la première que j'ai prise dans une baignoire, pas n'importe laquelle, celle du "New York PALACE, Budapest / HU. Il se trouve que le seul gadget intéressant de mon nouvel appareil photo est son imperméabilité à l'eau jusqu'a 5 mètres de profondeur, performance qu'il ne semble pas vouloir égaler dans la qualité de prise de vue normal. Néanmoins, il a provoqué en moi une sorte de bouffée boulimique de photo aquatique de moi...en apesanteur dans l'eau. Culture a raison, l'apesanteur devient une obsession pour moi, particulièrement à Budapest.
J'ai pas l'intention de raconter tout le bonheur que j'ai eu a voyager en Hongrie avec Culturman, mais plutôt de donner un aperçu en image de l'énergie, du mouvement, de l'abstraction progressive que m'a évoqué l'ambiance de cette ville, ses façades décharnées, son calme et sa curiosité latente...
Voici donc a cette adresse un bref condensé en image, un journal intime animé, un blog écrit avec des pixels en guise de mot :

(cliquer sur download...)

ps: à la relecture de ce post, je viens étrangement de me souvenir que le rêve le plus récurent que je faisait étant petit, était très proche de mon obsession des lois de la physique...je me voyais tomber et j'observais en même temps la chute de mon petit corps à travers mon regard, dans la montée d'escalier de ma première maison après le divorce de mes parents.
C'est très net, car cette sensation de chute au ralenti m'est devenue familière a force d'être vécu durant mes nuits de sommeil. Quelque part entre le doux souvenir de mon enfance et l'onirisme de cette situation doit se trouver ma définition de l'apesanteur...