mercredi 10 décembre 2008

La faille / 1ere réflexion du scénario "Cours après moi"

« La faille » de Boris Diéval.

Titre provisoire

Développement écrit



Aussi loin que je me souvienne, toi et moi on a grandit comme 2 copains imaginaires ; d’intenses moments de doutes, d’espoirs et d’abandon qui, avec le temps s’effilent pour ne plus tenir qu’à un fil.

Je me plais à croire que tu aurais pu être à mes côtés les jours de mes premières fois, premiers échecs, premier choix…Le jour de « la » première fois. J’imagine que quelques mots de ta bouche m’auraient sans doute aidé à comprendre les méandres de l’esprit torturé des autres qui fatalement attiraient mon amour. Finalement, c’est en plongeant au cœur de secret que seul mon corps devait connaitre que j’allai chercher quelques semblants de réponses …

Quelque chose me manquait, et d’une façon ou d’une autre, il fallait que je comble le vide.

Etrangement je me suis toujours tenu éloigné d’un certain cliché de l’adolescent perturbé ; Ceux qui se plaisent à mettre leurs corps à l’épreuve, la preuve par l’autodestruction qu’ils sont bien là, vivant dans un monde qui relève d’une illusion dégoûtante.



Maman est toujours debout, comme un rempart qui fait face à l’histoire, elle s’abîme, mais tient bon. Je n’ai jamais pu concevoir de me protéger derrière, j’ai fait mon chemin, je suis parti en quête d’indice. La croisade fut rude et éprouvante, au final rien ne semblait justifier l’ennui qui s’était installé si profondément en moi. J’ai bien tenté de trouver dans l’amitié un refuge réconfortant, mais le poids de mes espérances vouait chaque tentative à l’échec.

Une passion pour la musique m’a assurément apporté quelques précisions sur cette nature que j’avais tant de mal à saisir, je trouvais dans certaines paroles la parfaite illustration de toutes mes frustrations, de cet écoulement du temps qui me prenait à la gorge, et serrait de plus en plus fort, dans l’attente d’un point fixe m’éloignant tant que possible du chaos.

Voila où j’en suis ce soir. La colère remonte parfois sans explication, une éruption angoissée de toutes mes incertitudes, mais plus encore de mes certitudes. Tu n’es plus là. Reste l’hiver tristement rude et humide comme seul compagnon.



Ce soir je sais pourquoi une coulée de colère brulante m’arrache le corps. Les picotements du désinfectant que l’infirmier applique sur ma blessure au crane ne sont rien à côté de cette faille en moi. Je me sens comme écartelé, aspiré par un avenir incertain, arrimé malgré moi au passé.

Je suis assis sur un vieux lit à roulette d’hôpital placé au centre de la pièce. La salle de soins baigne dans une lumière aseptisée, les yeux plissés, mon crane est comme serré dans un étau. Mon tee shirt à l’effigie de l’un de mes groupes favoris est maculé de crasse et de quelques gouttes de sang, il est arraché vers le bas, mon jean est trempé, de mon sac à dos dépasse une bouteille d’alcool et d’autres affaires propres négligemment entassées. L’infirmier me tend une compresse pour m’essuyer le sang qui avait ruisselé sur ma joue, il m’indique le miroir sur le mur du fond au dessus d’un évier. Je reste silencieux, la compresse dans la main, le regard plongé à l’intérieur. Il me secoue le bras et m’aide à poser le pied à terre. Une remontée fulgurante de vapeur d’alcool me fait tanguer dans ses bras. Sans trop tarder je me ressaisi et lui fait comprendre que ça va aller. Un pied devant l’autre, j’avance vers le miroir et surprend mon regard hébété, le sang séché, le pansement sur ma blessure au crane est déjà tout imprégné. Quelque chose dans cette image me fascine. J’ai l’air mal, comme si pour une fois le dedans et le dehors se mettaient d’accord pour se ressembler…L’infirmier m’envoie une salve de question faussement intéressé ; âge, identité, contact des parents, il finit son offensive par la raison de mon état. Les pompiers m’ont amené ici, coma éthylique…j’en suis à peine sorti. Je ne suis pas habitué à l’alcool, moins encore à cette étrange fuite de mon propre poids, ni à l’exaltation de mon imagination presque créative. L’infirmier vient de quitter la pièce, inquiet de mon mutisme, il a dégoté mon porte feuille de la pochette avant du sac et semble satisfait de trouver quelques précieuses informations à mon sujet. Mon attention est fixée sur l’entaille de ma chaire, le pansement ôté, j’étale le sang sur mon visage dans un geste créatif, comme un camouflage de soldat, les pupilles toutes dilatées, le sourire bêtement anesthésié au coin des lèvres, l’équilibre de plus en plus malmené. Le tableau est pathétique, une larme s’incruste au coin de l’œil et se mêle au dessin d’un jeune garçon pommé, j’ai bien tenté de retenir toute les suivantes, en vain…la fuite s’est imposée comme la seule issue possible.


J’essais tant que possible de garder le cap sur la sortie que je distingue au bout d’un long couloir entravé d’obstacles. Le temps est comme décomposé en séquence, certain espace temps sont zappés par ma perception…je vois l’infirmier parler au téléphone, je lui reprends ma carte d’identité d’entre ses doigts et dans mon sillon s’envolent quelques feuilles de papier. Le reflexe de l’avoir récupérer comme un objet précieux dérobé reste un mystère, l’air frais de la rue se charge de dissoudre toutes questions liées à cet acte manqué et commence ma déambulations nocturne, rythmée par l’agressivité des enseignes lumineuses et le flux des gens qui croisent ma route.


C’est curieux comme les oubliés de la vie vivent la nuit…comment l’obscurité les enveloppe pour mieux les garder avec elle. Evidemment ma naïveté ne trouve rien de surprenant à l’existence de cette légion d’horreur, là où elle se trouve malmenée c’est la vitesse avec laquelle ce monde obscur drape mon propre corps. Je suis une partie d’eux même alors qu’hier encore je reprenais le bus après les cours pour rentrer dans cet appartement appelé maison.

Les trottoirs encombrés de poubelle dégueulant les restes de la semaine, les visages fermés, les regards suspicieux, cet odeurs de souffre, cette brume inquiétante, ces vapeurs d’alcool et la crasse qui l’entoure. Dans ces moments là, je me sens assez désespéré pour trouver la force de m’appliquer à toucher le fond. C’est une révélation, une nouvelle vision pour moi, d’où vient ce désir secret d’oubli…je passe inaperçu, sauf pour les poubelles que je renverse sur mon passage. Ma bouteille est finie, je ne sens plus le gout des choses, l’air n’a plus d’odeur…Un son résonne dans ma tête, une sirène qui devient un grondement puis un larsen percé par le silence soudain qui s’installe dans la périphérie du centre ville. Un parc perdu, une fontaine, de l’eau…le reflet de mon visage, puis la fraicheur qui me ramène dans cette réalité oubliée. Ma blessure me pique. Il est temps de me poser.


Progressivement, j’entends à nouveau mon souffle, le bruit de mon cœur, les frémissements de ma peau sous les pulsions d’un rythme cardiaque emballé. Le ciel est dégagé, la lune se charge de susciter d’étrange forme parmi les arbres, un léger vent bruisse dans les buissons, cet arrangement de la nature incite mes yeux à se fermer. Il y a tant de chose que l’on peut voir les yeux fermés. Une mélodie arrive jusqu’à moi d’abord sous la forme d’un chant des feuilles repris par le pincement doux et gracieux de corde. C’est une guitare entre les mains d’un génie. Une voix frêle dépose quelques murmures, quelque chose se passe en moi, et je ne peux y rester indifférent. A quelques mètres, une charrette de fortune accrochée à une mobylette, elle même rattaché par une chaine en fer à un banc, sur ce banc, quelques couvertures enrobent un homme d’une quarantaine d’année qui joue de la guitare.

Mes pas me conduisent jusqu'à lui, sans dire un mot, je m’assied à terre face au banc et l’écoute longuement. De temps en temps son regard croise le mien, je vois bien que mon allure le préoccupe, mais rien n’interrompt ce moment suspendu, comme si j’étais le spectateur le plus intrigant d’une carrière secrète…celui qu’il fallait sauver. La chanson se termine, il se lève, sors de son sac une trousse de toilette et s’approche de moi. Instinctivement j’esquive son geste pourtant désintéressé de nettoyer ma plaie, j’entends le son de sa voix me dire qu’il vaudrait mieux mettre un pansement…et le laisse faire. Son attitude me met tout de suite en confiance, rien de faux, rien de forcé, juste une attention. Un long silence s’installe après ce premier contact. Je réalise progressivement l’état de la situation. Moi, lui…le reste du monde qui continue de tourner dans la plus grande indifférence totale. Il reprend sa guitare, me regarde en esquissant un sourire et commence à gratter les premières notes de ce groupe dont je porte les couleurs. « Vas y chante ». Cette phrase m’a soudainement fait sursauter, une connexion s’installe entre son regard et le mien, comme si il me demander de l’embrasser et que je trouvais débile de ne pas lui retourner cette attention à mon égard. Je commence à bafouiller les premiers mots avant de trouver le juste ton. Un tel échange ne m’était jamais arrivé, comme si cette rencontre ne pouvait pas ne pas avoir lieu. Il s’appelle Marc. Je me présente à lui ; Alix.

En moins de temps qu’il n’en a fallu pour venir jusqu'à lui, je connais déjà son histoire. Prof de français, il vit dans la rue depuis quelques mois après avoir tout perdu suite à son divorce, un plongeon violent dans un monde nouveau qu’il n’aurait jamais pu concevoir. La vie ne tient qu’à un fil, d’une minute à l’autre tout peu basculer, tout va trop vite me dit-il en substance…Moi je lui raconte que je me suis disputé avec mes parents et reste flou sur ma véritable histoire. Un silence s’installe et avant même qu’il ne devienne malaise, un homme bondit depuis un arbuste situé derrière le banc, puis deux autres tout aussi essoufflés ; l’un deux nous averti qu’une descente est en cours…Marc s’active mais reste calme, cette situation lui semble familière, il range sa guitare dans son étui, balance les couvertures dans sa charrette et m’invite prestement à y monter. Le temps presse, je me laisse emporter par cette sensation d’un mystérieux danger, et m’accroche à sa taille derrière la mobylette qui trace dans l’herbe du parc un sillon humide et boueux.

Les lampadaires défilent sous mes yeux, les artères se rétrécissent, la lumière baisse, on quitte le centre, pas le tissus urbain. La tête posée sur son épaule, je n’ai aucune idée de notre destination et m’en fou complètement. L’alcool participe à cet autre voyage qui se déroule dans ma tête, j’ai pris la peine de mettre mes écouteurs et laisse le hasard réaliser un étrange clip psychédélique entre nausée et trace de lumière. Je sens soudainement les roues se bloquer, plusieurs barrières entravent la route. Des dizaines de passants errent en scrutant le lointain. On voit des têtes se démarquer sur le côté, essayant tant que possible d’allonger leurs cous pour mieux observer l’horizon. Un chantier de démolition est en cours, un immeuble branlant rend ses derniers souffles dans un vacarme d’explosion et un amas de poussière qui m’encercle et m’isole sans que je m’en rende compte. J’ai été capté par ce spectacle de destruction dés la première détonation, la peau de mon visage soufflé par des particules de poussière, les yeux scintillant devant les arcs explosifs, la bouche presqu’entrouverte...je me sens apaisé. Les autres ont perdu en opacité ce que l’air gagnait en matière grise, il ne reste plus que moi perdu dans un nuage, suspendu parmi d’autres particules. J’avance progressivement dans cette dimension nouvelle mais rien ne m’apparait, toujours ce brouillard mystique…Plus un bruit, juste le sifflement de mes oreilles. Aucune présence. Aucun repère.


Une goute d’eau rappelle à mon corps le sentiment d’une réalité tactile, mes pas me conduisent sous une véritable averse qui dissipe le nuage dans des reflets rouges et bleus. Quelque chose se brise sous mes pieds, du verre…j’approche doucement d’une borne incendie qui crache un puissant jet dans le ciel, elle semble avoir été heurté par quelque chose, quelques mètres plus loin, une voiture retournée sur le toit, encastrée contre un piquet dégage une épaisse fumée...J’avance vers ce qui m’apparait comme étant la reconstitution d’une scène, quelque chose de familier rode dans l’atmosphère. Un enfant, comme abandonné par le reste du monde, se tient assis près d’un corps immobile sur le bitume, un pompier sorti de nulle part vient l’arracher à sa solitude, deux autres hommes équipés d’une civière s’occupe du père. Malgré les premiers soins appliqués, le corps lourd et désarticulé du blessé reste sans réponse...L’enfant suit la civière jusqu'à l’intérieur du véhicule qui éblouit de rouge et bleu l’ensemble de la rue, ma plaie au visage semble se déchirer, pour la première fois la douleur de ma blessure est insupportable, le pompier me laisse me joindre aux autres avant de refermer la porte sur nous trois. Le petit garçon doit avoir 12 ans, jamais nos regards ne se croisent, quelques reflets et phares de voitures révèlent par moment certaines expressions, un geste…une main délicate qui se pose sur le corps comme pour en deviner la textures, l’enfant et ses petits doigts disparaissent furtivement sous une ombre…puis reviennent. Nous venons d’arrivé à l’hôpital, les portes se rouvrent dans la précipitation, le corps du blessé plane sous les néons irradiants des couloirs enfonçant plusieurs portes battantes, celui de l’enfant juste derrière prend une autre direction, En suivant le cortège, mon regard se perd au travers d’une porte qui donne sur une salle de soin… Je m’y vois suis assis sur un vieux lit à roulette d’hôpital placé au centre de la pièce dans la même lumière aseptisée.


L’infirmier me tend une compresse pour m’essuyer le sang qui avait ruisselé sur ma joue, il m’indique le miroir sur le mur du fond au dessus d’un évier. Je reste silencieux, la compresse dans la main, le regard plongé à l’intérieur…quelque chose me manque, un trou dans mon estomac se creuse…la résurgence de ce souvenir est sans appelle.


A l’avant de la voiture, ma mère reste silencieuse. A ses côtés, je sens de la fatigue, de l’agacement et de l’empathie jusque dans sa façon de conduire…attentive à éviter toutes éventuelles secousses. Pourtant je ne reconnais pas le trajet pour rentrer à l’appartement, mais bien celui qui mène au cimetière de la ville. C’est l’un des moments d’une vie où nul mot n’a sa place, comme si un langage secret s’installait et risquait d’être brisé par l’intellect. La voiture s’arrête sur le côté, ma mère me donne un plan dessiné à la main pour trouver l’emplacement de mon père…j’en sors seul. Je traverse de longues allées grises et fleurie en suivant les flèches du plan.

C’est la première fois que mes pieds me porte si près de lui depuis tout ce temps. La tombe est sobre, entretenue, à vrai dire elle se ressemble toute. Je ne ressens rien, je veux dire pas ce vertige émotionnel qu’on aurait pu imaginer dans ce type de situation…je ne pense qu’à une chose, un geste qui relève d’un automatisme inconscient. Ma main sort de ma poche arrière ma pièce d’identité, je la place contre la pierre sur laquelle est gravée son nom, mon nom…et fait demi tour.

N'oublie rien

Je devrais continuer de travailler sur ces stupides montages de fin d’années. Aussi stupides soient ils, c’est sans doute grâce a eux si de Thaïlande je pourrais pousser jusqu’au Vietnam, Cambodge, Laos…Malaisie, Singapour. A l’évidence j’ai la tête déjà là bas, et je pense que mon entourage doit le sentir. Je pense à toi culture, à nos rendez vous manqués, par manque d’attention, à ma mère et mes frères que j’essaie de voir le plus souvent possible et qui s’inquiètent subitement sans nouvelles depuis 5 jours…Il faut dire que je n’avais sans doute jamais été aussi présent à la maison depuis…oulala…trop longtemps. J’ai le cœur qui s'effrite quand je laisse ma mère seule avec mes frères dans cette maison en devenir. Le besoin d’autorité paternelle est tellement évident que je me surprend à vouloir jouer ce rôle quand rien ne va (c'est-à-dire souvent…). Mais à quoi bon se prendre au jeu si la comédie doit se terminer dans 15 jours là ou il faudrait être présent au quotidien. Je vois mon petit frère Hugo changer, se révolter, se rebeller (adolescence ou mauvaise influence…), manquer de respect à ma mère, qui continue de donner sa santé et ses sourires contre vents et marées. Je vois Benjamin prendre un nouveau chemin dans sa vie, et Simon stagner au fin fond d’un immobilisme qui l’oppose à tout ce que la vie a de changement perpétuelle.


Je revois les mois de septembre et d’octobre comme une véritable épreuve, je n’ai aucune honte a reconnaitre ce qui m’est arrivé, et aussi lourd soit le poids de ce mot, pour l’avoir toujours hais, c’est bien d’une dépression dont je sors. Des kilog perdus, le sommeil impossible, le cœur qui bat tellement fort la nuit…la sensation d’être moche, lourd et inutile. Je repense à mon père, je me dis que j’ai sans doute suivi ses pas avec 30 ans d’avance. Je revois son visage vide de sens, rempli de doute, et je repense à moi…A ce retour du club med’, à ce choc que j’ai subis de plein fouet, comme fauché par un TGV. Plus de maison, plus de travail, 3000 questions qui klaxonnent embouteillées dans ma tête, la pression qui dégouline des gens que j’aime, que j’ai peur de décevoir dans les choix que j’avais engagés plusieurs mois auparavant…ma vision de la vie, du bonheur, de la liberté a été secouée ça oui !

Il m’a fallu beaucoup de force pour retrouver toute l’assurance qui m'habitait avant ce retour. Pourquoi c’est arrivé ?

Je me pose toujours la question, même si au moment où j’écris ces mots, ça me parait évident qu’après 28 ans d’existence je connaisse ce moment de doute sur l’avenir et tout ce qu’on nous force a mettre dedans. (la stabilité, la situation, la sécurité…)

Finalement être moi-même, c’est être tout ce que ne sont pas les autres aujourd’hui et qui a l’air tellement rassurant, tellement simple, presque géométrique dans son caractère évident. La rigueur d’un carré n’a jamais été mon espace d’émancipation, je me suis construit en me diluant, l’image d’une goute d’encre dans un verre d’eau me plait. Serrer mes amis dans mes bras comme des petites copines, ne jamais savoir quelle heure il est, perdre tout, ne pas penser à tout...J’ai peur d’avoir trop de chose, j’imagine ma liberté se résumant à un lit et de la musique, juste de quoi mettre dans un sac si une porte s’ouvre et courir assez vite avant qu’elle ne se referme. Est-ce vraiment moi ce que j’écris, ou simplement ce que je ressens au regard de ma situation…avant un départ rempli de certitude, d’intuition et de défi.


J’ouvre seulement les yeux sur des phénomènes étranges. Par exemple, je me suis aperçu ces derniers jours que je n'empruntais plus le même chemin pour descendre en ville, avant le club, je passais toujours par l’avenue de liège, et à chaque fois que j’arrivais sous le derniers lampadaires de la rue Colart Creste, j’attendais avec délectation le moment où il se mettrait a clignoter…convaincu que mon énergie influençait le rayonnement de la lampe. Désormais je descend la rue et ne passe jamais plus devant l’éléphant bleue. Et le plus drôle c’est que le premier lampadaire de cette même rue (qui n’est plus la mienne) se met lui aussi a scintiller quand je passe en dessous…Mes vérues ont également disparues.

Je me dis « n’oublie pas de pas laisser ta langue entre tes dents quand tu pogotes en concert, n’oublie pas ce riff de guitare et cette attitude d’un chanteur de rock que j’adore, n’oublie pas la sensation de réveil après un film qui t’as enrobé, n’oublie pas de bien ranger ta carte bleue et ton passeport, de pas perdre le bracelet a ton poignée droit, le gout du caramel… »


Je me dis plein de chose et je préfère pas penser au retour…car il est loin, car il est incertain, car je ne pourrais trouver de réponse à ce problème qu’une fois confronté a cette situation nouvelle. Cette fois ci, je saurais écouter les signes que mon corps m'envoies, comme il l’a fait en Aril…mai…et juin.