samedi 17 février 2007

Décallage.


Février, habituellement c'est le mois que je redoute le plus. Souvent il fait super froid, et on se dit que mars est pire, car plus long. Là, je dois reconnaître qu'avec le réchauffement climatique, les 13° de moyenne rende mon appréciation hivernale plus tolérable.
Février c'est également le début d'un engrenage irréversible pour moi. Les premières commissions pour mon projet ont commencé. Le DEFI JEUNE m'a accordé une aide de 6000 €, le Crrav rend son verdict le 23 mars...et les repérages vont enfin pouvoir commencé, demain.
Février me gratte. Une allergie, ou plutôt une réaction psychosomatique à toute l'angoisse que génère en moi ce grand saut que je m'apprête à faire, je parle de "Lapis Lazuli" bien entendu. En me concentrant bien, je me suis souvenu avoir également contracté ce type d'allergie durant la période de préparation du clip de LABO, l'angoisse de pas être à la hauteur, l'impatience de s'imposer un défi, physiquement, ça me réussit pas trop en tout cas. A chaque dépassement émotif, ou lors d'un effort physique prolongé, des aiguilles me triturent des points scrupuleusement localisés; sous les pectoraux, les fesses, les omoplates, derrière les genoux, toujours de façon étrangement symétrique. J'espère trouver une solution à ça.
Février. Un décalage de plus en plus net me conforte dans l'idée que je fonctionne d'une certaine façon, je mets indéniablement tout en oeuvre pour vivre des moments forts avec les personnes qui me sont proches. Quitte à laisser d'autres personnes sur le carreau, je ne m’emmerde pas avec les détails d'une attitude paralysée par des principes de respect. Où est le respect si pour tenir un engagement je finirais par me forcer a trouver ça normal de ne pas avoir pu profiter du temps que j'aurais aimé placer ailleurs. En fait c'est un discours ultralibéral du temps que je tiens là. Pourtant je ne suis pas franchement tenté par les excès de nos sociétés de consommation. Mais le temps, c'est vraiment un concept qui me fait peur. C'est le squelette qui se cache sous le canapé. Quand petit je regardais la télé, j'avais peur de laisser pendre mes pieds dans le vide, le temps qui passe me file le même vertige du vide...faut absolument que je trouve un moyen de le ralentir ou de prolonger mon sentiment du temps qui passe.
Février, c'est le mois où je me suis a nouveau confronté à ce fameux décalage qui m'a toujours séparé des gens dont je me suis épris au cours de ma vie, fille ou garçon, ça rend étrangement seul de rester sois même...Au même moment, je me sens toujours fiers néanmoins d'être celui la et pas un autre. L'autre c'est toujours celui qui fuie.

Tout compte fait, "ceux qui se fatigue de tout...même d'être aimé" sont des cons. Je vois pas ce qu'il y a de plus précieux que de partager, s'enrichir, appréhender celui qui est capable d'aimer. Le reste finit par disparaître, sans laisser de trace. La capacité a faire un choix m'a très souvent amené a faire le mauvais, mais aujourd'hui plus qu'hier, je trouve ça beaucoup plus respectable que de se cacher derrière des principes. Ceux que font la grande majorité des gens pour mieux enterrer leur incapacité à affronter le mouvement perpétuel de la vie. On me voit souvent comme insouciant, jeune, branleur capricieux...LET IT BE, fuck the rest and stab it dead.

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