mercredi 22 mai 2013

9 jours plus tard...


Swan, ça veut dire « printemps » en Viet. Du moins c’est ce que j’ai cru comprendre, ou voulu comprendre. Bref, c’est comme ça que je t’ai appelé, je trouvais ça beau et c’était l’année des « S ». Je me sens redevable et il faut que je parle de toi. J’ai senti la vie quitter ton corps, pas comme je l’avais imaginé…pas comme King Kong dont le cœur ralentit pour s’éteindre dans l’ombre. C’était plus tendu, comme une corde qu’on tire soudainement et qui envoie en l’air des volutes de poussière. Me reste que ce caillou et des tonnes de souvenirs. Caillou imprégné de tes cendres et d’essence, une idée d’Hugo…un truc de samouraï ou je sais pas quoi, mais complétement en accord avec ce que tu méritais ; de l’air, des cendres, le vent pour t’emmener loin de la pluie. J’ai tourné ta tête en cherchant le sud, en me disant que tu aurais plus de soleil, je voulais que tu aies chaud pour toujours. Le couloir me semble vide, ton fauteuil s’emmerde sans tes poils, ton odeur va manquer à ce putain de quotidien. Si j’étais un marin perdu dans une tempête je penserais à chercher un phare. Je suis un mec perdu et t’es plus là. Je suis toujours rentré pour toi, comme une encre qui me rappelait que j’avais fait un choix et qu’il fallait le respecter. J’ai fait de toi une sorte de gouvernail qui m’a toujours ramené ici. Chez moi. Chez ma mère ou auprès de ceux qui t’ont aimé, qui m’ont aimé...Je ne comprends pas ce qui se passe dans ma tête, je sais que tu es un chien, mon chien…et qu’en plus c’est normal qu’à 12 ans tu aies envie de nouveaux rivages. Mais tout me renvoie à la vie, à sa fragilité, aux choix que j’ai fait, et c’est plus du tout une histoire d’animal de compagnie. Souvenirs…Tu es allé en corse, tu avais peur du vide, te faire traverser un interstice de vide…C’était compliqué. Tu as pris le bateau, fais plus de 1000 km en voiture, traversé la méditerranée. Ton truc préféré (tes trucs préférés) c’étaient les miens…J’ai une sorte de fierté que tu m’aies autant ressemblé. La mer, Wissant, des étendus de sable ou d’eau. Les caresses derrière l’oreille, caresse tout court pour moi. To care about…TO caresse about ? « YOU »…Putain d’anglais, mais quand même, c’est la première fois que je fais le rapprochement. Bref, ce soir je pleure de te savoir sous la terre de mon jardin, c’est l’ordre des choses, je râle pas contre ça…Je me dis juste que c’est fou la place qu’une boule de poils aussi puants que les tiens ont pu prendre dans ma vie. Je t’ai voulu Swan, très fort, assez fort pour qu’un diamant perché sur une bague me décroche de mon rêve et te fasse arriver. T’es en plein milieu d’une histoire…Et toute histoire se construit au fur et à mesure. Tu fais partie de mon histoire, je suis une partie de toi et réciproquement. Je le sais, j’en suis fier. Et je ne peux pas quitter cette journée sans exprimer ma reconnaissance pour TOUT ce qui es as été. (ok, cette journée est déjà finit, tu es morte à 19h33, un 22 mai. Il est 01.13…et c’est déjà demain, le 23.).
J’ai pas d’enfant, j’aurais pu être papa d’une fille de ton âge au moment où j’écris ces mots (en âge d’homme), mais la seule chose que je pouvais assumer c’était toi boule de poils. La maintenant c’est diffèrent, forcément  je suis différent. J’ai aimé ta gentillesse, cette forme de désintérêt calculé dont tu étais capable, je crois que n’importe qui de gentil aurait pu t’emmener. Pourtant, bordel…personne t’a emmené, t’es resté avec moi jusqu’à ce que « je décide que ça soit la fin. » (je déteste cette phrase, mais je vois pas d’autres vérités). Swan tu es partie, j’espère avoir fait de mon mieux même si ce n’était pas parfait. Je t’oublierais jamais, pas seulement pour l’amie que tu as été, mais pour toute les leçons que tu m’as apprises. T’as été plus qu’un chien, t’as été mon choix.

Aucun commentaire: