La Meuse...J'en reviens ce soir. Je l'ai trouvé étrangement plus froide que le Danube. Peut-être est-ce à cause du voile d'humidité qui recouvre d'une brume grisâtre les maisons, les feuilles mortes, les ponts.
Le pont... le traverser avec le plaisir de ne pas savoir ce qui se trouve de l'autre côté, ou plutôt de volontairement l'oublier pour essayer de se surprendre, d'imaginer un monde différent, de fantasmer un univers moins chiant, moins sérieux.
Le voyage est le seul pont de substitution que j'ai trouvé à tout le reste. L'inconnu, le désir de se perdre, l'improbable rencontre. Ou bien simplement la fragile certitude qu'ailleurs les VIES sont pas les mêmes. Je me souviens très bien avoir dit ça à Benjamin pour l'encourager a partir. Pour lui donner d'avantage de chance de trouver ce qui lui convient.
Et moi, je me demande ce soir ce qui me convient le mieux, le statu quo, l'excès, l'oubli. Quand j'observe les belges, ils me font trop rire. Les belges ont ce côté moins chiant, moins sérieux, moins touchant aussi, moins tourmenté. Sans doute l'histoire collective du pays y est pour quelque chose...ou pas.
Je pense que je suis tourmenté, on est le 28, ça fait 6 jours...que j'ai pris 1 an de plus. Je sais pas comment agencer les mots pour monter ma phrase. C'est débile. Depuis le début je sais ce que je veux écrire...et quand je me relis, j'efface tout en me disant que ça regarde que moi. Pourtant il est juste question de moi et des autres. Y'a un truc absurde dans le "cycle", c'est qu'on tourne autour du centre sans jamais le toucher. Pourtant je sens bien que je tend vers le centre, comme vers quelque chose de VRAI, de sure...
...Va falloir du temps pour y arriver, a plus tourner en rond avec les saisons.
dimanche 28 janvier 2007
WAKE
Inscription à :
Publier les commentaires (Atom)
2 commentaires:
Pourquoi chercher un pont de substitution? Pour se substituer à qui, à quoi ?
Je partage ton analyse sur les Belges sauf sur leur absence de côté touchant. Moi ils m'émeuvent dans leur côté naturel, indifférent aux jugements des autres, indifférents aux "paraître".
A quoi fais-tu allusion quand tu justifies tes idées par l'histoire collective du pays?
Pour le reste ça n'a beau regarder que toi, écrire est un miroir et le miroir ce sont les autres...Etre soi avec les autres et que les autres soient avec toi...il n'y a pas grand chose d'autre d'intéressant dans la vie...
Quant à tourner en rond avec les saisons, c'est à mon sens une erreur d'analyse. Aucune saison n'est semblable à une autre, aucune saison ne se revit. Guillaume Apollinaire l'écrivait si justement dans Le Pont Mirabeau, "Passent les jours et passent les semaines, ni temps passés, ni les amours reviennent".
Nous ne tournons pas en rond, nos vies sont des spirales. Ce qui compte c'est de les rendre ascendantes, l'attraction du centre peut nous aider à monter. Tout ça me fait penser à une phrase que m'avait dite ma chère Catherine Samie: "L'Art c'est la verticale, c'est peut-être monter, c'est peut-être aimer". Alors monte et aime!!! »
C'est comme le cinéma cultureman, on y va pour s'évader quand les choses d'ici nous ennuient...C'est dans ce sens que je parle de subtitution, pour qu'un vie soit toujours excitante a vivre, j'imagine qu'il faut aller chercher ce qui lui fait défaut...ça me fait penser quand j'étais gamin, je voulais toujours etre le héro des films d'action...c'est pour ça que j'aime JCVD peut être...
Alors la réponse est peut être le quotidien...pour revenir sur "oh les beau jour", j'suis sure que S.Beckett serait d'accord !
En fait pour les belges, c'est juste qu'ils ont l'air tellement simple et sincère, que j'ai le sentiment qu'ils sont moins enclin à la mélancolie que nous...et je me demander si toute notre longue histoire littéraire et artistique ne contribuait pas quelques part au cliché romantique des ptis fromages puants...c'est juste une question, une pensée...il ne s'agit pas d'asséner de grossières généralités.
Je suis tout a fait d'accord avec toi sur le fait d'être soi même, mais y'a rien qui m'emmerdrait plus que l'image d'un mec qui se plaint pour des 'conneries', si on parlait de moi.
Je reste néanmoins convaincu, malgrès le fait que l'eau ne coule jamais 2 fois au meme endroit, qu'on est soumis a un éternel retour des choses. Par moment ça fait chier.
La spirale ascendante, 'JE PREND' pour paraphraser notre JacquouCOUCOUille !
Enregistrer un commentaire