
Y'a dans ce tableau trouvé au détour d'une ruelle aux façades rongées, un magnétisme qui m'a instinctivement accroché. Sans doute l'omniprésence d'un onirisme lié à l'enfance, une série de symbole que j'ai vu sans les percevoir, ou l'inverse.
Je crois que le paysage désertique, et la trouée blanche du ciel, comme un spot qui perce depuis l'arrière la toile rendant la peinture utilisée incandescente, joue le rôle d'un trou noir pour moi, j'ai l'impression que l'orifice est sans fin, sans issue.
La route brûlée, le croisement, plutôt le carrefour, ou alors des galeries souterraines, l'idée reste la même...la clandestinité.
Une chose est sure, c'est qu'au dehors, les voitures flottent parmi les bateaux à hélices et les nuages. L'attraction terrestre ne semble alors s'appliquer que dans les entrailles de la terre, elle est tellement pesante qu’elle fond les carcasses dans la boue.
Au loin on voit un toit de maison, ou un triangle dépasser qui m'évoque clairement un foyer. La palette des couleurs mal restituée par la qualité de la photo dessine un souvenir effacé par la temps mais frai dans la mémoire, comme l'empreinte d'un pas figé dans une flaque de boue couverte de neige.
Tout ça fait le tour de mon petit univers et des ses vilains fantômes...j'aurais tellement aimé avoir de l'argent et me le payer, pour le regarder comme quand j'écoute un CD, le soir ou j'ai envie de plonger.
Il y a quelque chose de dramatique dans le processus, une fatalité liée à sa définition même...C'est qu'il est marche, mais qu'il n'est pas encore abouti. Je ressens ça dans ce tableau.
Il y a dans le recalage également l'idée de rapprocher des morceaux qu'un certain processus aurait pu éloigner...Alors forcément on peut pas recaler les continents, ce processus là n'est pas dramatique en soit, le fait même qu'il soit naturel le rend beau. Mais on peut recaler des morceaux de soi même, comme on pourrait rapprocher ces jouets flottants dans le ciel, ou les faire rouler sur la ligne d'horizon dans un souffle intense de liberté, pas besoin de route pour rouler, juste d'une ligne d'horizon. J'suis vraiment content qu'elle ne soit pas embrumée, ni sur le tableau, ni dans mon esprit, cette ligne.
Ce petit toit tout pointu est le centre nerveux de ce tableau, le point de fuite subjectif dans lequel je projette tout le chemin qu'il reste à faire sur la longue ligne horizontale.
A bien y réfléchir faudrait allonger notre conception du temps, l'écoulement sous tend la chute de ce qui est déjà passé, si on allongeait le temps sur l'horizon, comme pour le faire dorer au soleil, les lois de l’attraction ferait voler chaque seconde usagée. Elles flotteraient alors parmi les jouets volant…cette idée me plait assez. Elle est là, je la vois.
2 commentaires:
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sacré imagination
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